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Le solaire dépasse 10 % de l'électricité mondiale, mais bute encore sur la nuit

Le solaire a franchi pour la première fois la barre des 10 % de la production électrique mondiale au premier semestre 2026, contre 5,6 % trois ans plus tôt, selon le think tank énergétique Ember. Cette part reste toutefois concentrée sur quelques heures : au Chili, le solaire couvre 71 % de la demande à midi contre 0 % le soir, et en Europe le pic de consommation du soir reste presque aussi dépendant des fossiles qu'avant malgré l'essor du photovoltaïque. La réponse vient des batteries, dont la capacité mondiale doit bondir de 50 % en 2026 et dont le coût de stockage a chuté à 65 dollars le mégawattheure. Bulgarie, Chili et Australie montrent déjà comment décaler une majorité de la production solaire vers la soirée.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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ÉnergiePhoto d'illustration : Shawn Flynn Wang /Unsplash

Selon les données publiées mi-août par le think tank énergétique britannique Ember, la production solaire mondiale a atteint 1 564 TWh au premier semestre 2026, contre 769 TWh sur la même période en 2023 — soit une croissance annuelle moyenne de 27 %, environ sept fois plus rapide que celle de la production électrique mondiale dans son ensemble. Cette accélération porte la part du solaire dans le mix électrique planétaire à un peu plus de 10 %, un niveau symbolique jamais atteint jusqu'ici sur un semestre complet.

Un mix concentré sur quelques heures

Ce record cache toutefois une réalité plus contrastée : le solaire couvre environ 25 % de la demande électrique mondiale entre 11h et 14h, mais retombe à quasiment zéro dès la tombée de la nuit. L'écart est particulièrement marqué dans les marchés les plus matures. Au Chili, le photovoltaïque assure 71 % de la consommation à la mi-journée, contre 0 % vers 21h. En Allemagne, il couvre en moyenne 55 % de la demande à midi un jour ordinaire. Dans plusieurs de ces marchés pionniers, Ember observe déjà des signes de saturation — prix négatifs et écrêtement (curtailment) de la production aux heures les plus ensoleillées — qui commencent à freiner le rythme des nouvelles installations.

L'Europe illustre bien ce déséquilibre. Le solaire a fourni 25 % de l'électricité de l'Union européenne en juin puis en juillet 2026, un niveau inédit sur ces deux mois, porté par une production en hausse de jusqu'à 17 % les jours de canicule — un apport précieux pour tenir la demande de climatisation sans multiplier les tensions sur le réseau. Mais côté soir, le progrès reste marginal : entre 11h et 14h, la production fossile de l'UE est passée de 86 à 69 GW en un an, alors qu'au pic de consommation du soir, entre 19h et 21h, elle n'a reculé que de 106 à 101 GW. Le solaire fait donc reculer les fossiles à midi, beaucoup moins le soir, faute de pouvoir y déplacer sa production.

Les batteries changent la donne

C'est précisément ce que le stockage par batteries commence à corriger. Ember prévoit 459 GWh de nouvelles capacités de batteries installées dans le monde en 2026, en hausse de 50 % par rapport aux 307 GWh de 2025, portées par un coût du stockage tombé à environ 65 dollars le mégawattheure. Ce volume pourrait permettre de décaler 34 % de la nouvelle production solaire quotidienne vers les heures non ensoleillées, contre 18 % seulement en 2025 — une bascule qui, selon Ember, ouvre l'ère du « solaire disponible à toute heure ».

Quelques marchés montrent déjà ce que cela donne à grande échelle. La Bulgarie, qui partait quasiment de zéro en 2023, a atteint 8,6 GWh de capacité batterie installée dès mai 2026 et couvre désormais 24 % de sa demande du soir grâce au solaire stocké — la meilleure performance mondiale, avec 77 % de sa nouvelle production solaire quotidienne redirigée vers les heures creuses. Le Chili suit avec 76 % et 10 % de sa demande du soir couverte par des batteries, devant l'Australie (60 %). En Californie, la combinaison solaire-plus-stockage fournit déjà plus d'un quart de la pointe de consommation du soir.

Les batteries sont devenues suffisamment bon marché et performantes pour déclencher la prochaine étape de la croissance solaire : un solaire disponible à toute heure. Livrer de l'électricité solaire pendant les heures non ensoleillées, aujourd'hui le bastion du fossile, change la donne : le rôle du solaire dans les systèmes électriques mondiaux peut être bien plus grand qu'on ne le pensait possible.

Reste, souligne Ember, que l'empilement de batteries ne suffira pas seul : la prochaine phase de croissance du solaire dépendra aussi de règles de marché capables de valoriser correctement l'électricité stockée aux heures où elle est la plus utile. Pour l'Europe, où le solaire vient de battre des records pendant les canicules de cet été sans encore faire reculer significativement la pointe fossile du soir, la question du stockage devient un sujet aussi central que celui, déjà bien engagé, du déploiement des panneaux eux-mêmes.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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