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Solaire : le guichet ouvert grignote le volume des appels d'offres 2026

En juin, la Commission de régulation de l'énergie a discrètement actualisé son tableau de suivi des volumes du segment « S21 » avec les chiffres du deuxième trimestre. Ces données déterminent ce qu'il reste à distribuer sous le plafond fixé par la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie, qui prévoit environ 2,9 GWc par an d'appels d'offres et 0,7 GWc pour le guichet ouvert. Or les petites installations tirées par le tarif d'achat consomment plus vite que prévu leur part de l'enveloppe. La relance des appels d'offres de juillet 2026 porte sur 925 MWc au sol et 288 MWc sur bâtiments, mais la marge pour la suite de l'année dépend désormais de la vitesse de remplissage du guichet.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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XINWA
white concrete building near body of water
PolitiquePhoto d'illustration : Michael /Unsplash

Passée presque inaperçue au cœur de l'été, la mise à jour du tableau de suivi des volumes du segment « S21 » par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) en juin est pourtant un document déterminant pour la filière solaire française. Ce tableau recense trimestre après trimestre les demandes complètes de raccordement des installations photovoltaïques bénéficiant du tarif d'achat guichet ouvert. Avec l'arrivée des chiffres du deuxième trimestre 2026, il permet de mesurer combien de mégawatts ont déjà été engagés, et donc combien il en reste pour les appels d'offres qui structurent le marché des grandes centrales.

Une enveloppe annuelle partagée entre deux mécanismes

Le décret de la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3), publié en février 2026, fixe une trajectoire de soutien d'environ 3,6 GWc de nouvelles capacités photovoltaïques par an sur la période 2026-2028. Selon la lecture qu'en fait le syndicat des énergies solaires Enerplan, cette trajectoire se répartit entre un plafond d'environ 2,9 GWc pouvant être appelés chaque année par appels d'offres et environ 0,7 GWc réservés au guichet ouvert. Ce dernier correspond au tarif d'achat S21, ouvert sans mise en concurrence aux installations sur bâtiments, hangars et ombrières d'une puissance inférieure ou égale à 100 kWc, dont le niveau est révisé chaque trimestre par la CRE.

Le problème tient au rythme réel du guichet. Au premier trimestre 2026, le segment des toitures résidentielles de 0 à 9 kWc a enregistré environ 80 MWc de demandes complètes de raccordement, pour un objectif trimestriel de 61,5 MWc, soit 1,3 fois la cible. Le segment 9-100 kWc, lui, a atteint près de 250 MWc sur le trimestre, en léger repli après la baisse tarifaire d'environ 12 % appliquée au deuxième trimestre. Quant à la tranche 100-500 kWc, elle ne génère plus de nouveaux projets sous le S21 : depuis septembre 2025, elle est basculée vers un « appel d'offres simplifié » dédié.

Si le guichet ouvert dépasse la part qui lui est attribuée dans l'enveloppe globale, le surplus est mécaniquement retranché du plafond disponible pour les appels d'offres. Autrement dit, chaque mégawatt de petites installations engagé au-delà de la cible réduit le volume que l'État peut mettre en compétition pour les centrales au sol et les grandes toitures. La Direction générale de l'énergie et du climat avait d'ailleurs indiqué dès février 2026 viser un total inférieur au plafond de 2,9 GW pour l'année.

Ce que prévoit le calendrier de relance

Après plusieurs mois de suspension liés au retard de la PPE 3, les appels d'offres ont repris en juillet 2026. Une période de l'appel d'offres photovoltaïque au sol, réservée aux projets supérieurs à 500 kWc, porte sur 925 MWc. En parallèle, l'appel d'offres simplifié pour les installations de 100 à 500 kWc sur bâtiments et ombrières, désormais élargi au photovoltaïque au sol, met en jeu 288 MWc. Soit environ 1,2 GWc pour ce seul mois. Un appel d'offres supplémentaire « toutes technologies » pourrait être publié à l'automne 2026. La CRE a par ailleurs recommandé de ramener le nombre de périodes de candidature de six à quatre en 2026 et de lisser sur plusieurs années le dépassement de volumes constaté en 2025.

Ces appels d'offres inaugurent aussi de nouvelles règles. Un critère de résilience impose désormais aux candidats de diversifier l'approvisionnement des composants essentiels des panneaux, afin de limiter la dépendance à un seul pays tiers — la Chine concentre aujourd'hui plus de 80 % de la fabrication de ces composants. Une préférence de contenu européen doit être généralisée à tous les appels d'offres photovoltaïques d'ici 2027 au plus tard. L'objectif affiché est de soutenir environ 1,5 milliard d'euros d'investissements industriels annoncés en France et près de 4 000 emplois.

Un indicateur à surveiller pour les développeurs

Pour les développeurs de projets, le tableau trimestriel de la CRE devient un indicateur de pilotage à part entière : la visibilité sur les volumes appelés au second semestre 2026 et en 2027 dépend directement de la vitesse à laquelle le guichet ouvert se remplit. En modifiant l'arrêté S21 en juin — tarif unique de 1,1 c€/kWh pour les installations de 0 à 100 kWc, suppression des primes à l'investissement — le gouvernement cherche justement à ralentir le guichet et à réorienter le soutien vers l'autoconsommation sur le segment 9-100 kWc. Reste à vérifier, trimestre après trimestre, que ce freinage suffit à préserver la marge de manœuvre des appels d'offres, seuls capables de faire émerger les grandes capacités dont la trajectoire climatique française a besoin.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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