Somfy intègre des batteries lithium remanufacturées françaises dans ses moteurs de stores
Somfy et la startup française VoltR annoncent l'utilisation de batteries lithium remanufacturées dans les moteurs SONESSE 28, dédiés aux stores intérieurs, depuis début 2026. Selon une analyse de cycle de vie réalisée par VoltR, ces batteries réduiraient de 68 % les émissions de gaz à effet de serre liées à la production. Le partenariat s'inscrit dans l'effort européen pour réduire une dépendance forte aux importations asiatiques, qui fournissent 94 % des batteries lithium utilisées en Europe. Un cas concret de réemploi industriel, après des prototypes réalisés dès l'été 2023.
Le groupe Somfy, spécialiste des motorisations pour l'habitat, et VoltR, jeune entreprise française de remanufacture de batteries lithium, ont annoncé les 21 et 22 octobre 2026 l'intégration de batteries remanufacturées dans une partie de la gamme de moteurs de Somfy. Concrètement, ces batteries équipent depuis début 2026 les moteurs SONESSE 28, conçus pour les stores intérieurs et alimentés par une batterie lithium intégrée.
L'annonce est l'aboutissement d'un travail engagé de longue date. Les deux entreprises ont réalisé leurs premiers prototypes à l'été 2023, puis enchaîné plusieurs phases de validation portant sur la performance technique, l'impact environnemental, la faisabilité industrielle et l'équilibre économique. Selon le communiqué, les batteries remanufacturées répondent aux mêmes exigences de qualité, de fiabilité et de performance que les batteries conventionnelles.
Remanufacturer plutôt que recycler
La remanufacture se distingue du recyclage classique. Chaque année, des millions de batteries lithium arrivent en fin de première vie alors qu'une grande partie de leurs composants reste exploitable. Plutôt que de les broyer pour récupérer les métaux, VoltR collecte les batteries usagées, diagnostique leurs cellules, puis réaffecte celles qui conservent des performances suffisantes à de nouveaux packs adaptés à cette capacité résiduelle. Cette approche, détaillée par VoltR dans le cadre de son récent financement, repose donc sur la précision du diagnostic des cellules.
Cette logique a un intérêt particulier pour des usages peu exigeants en puissance, comme l'ouverture et la fermeture d'un store intérieur. Un moteur de ce type n'a pas besoin de la densité énergétique maximale d'une batterie neuve de véhicule : des cellules ayant perdu une partie de leur capacité initiale peuvent y trouver une seconde vie sans compromettre le service rendu.
Un gain carbone annoncé de 68 %
L'argument environnemental principal repose sur une analyse de cycle de vie comparative menée par VoltR : les batteries remanufacturées réduiraient de 68 % les émissions de gaz à effet de serre liées à leur production par rapport à une batterie neuve, avec également une moindre consommation de minéraux, d'énergie et d'eau. Il s'agit d'un chiffre fourni par l'un des partenaires du projet et non d'une évaluation indépendante, ce qui invite à le considérer comme une estimation à confirmer par des études tierces.
Le contexte géostratégique pèse aussi dans la démarche. Les partenaires rappellent que 94 % des batteries lithium utilisées en Europe sont importées d'Asie. En réutilisant des ressources déjà présentes sur le territoire, la remanufacture ambitionne de réduire la dépendance aux matières premières critiques et de contribuer à une souveraineté industrielle européenne. Une nuance reste à garder en tête : les cellules réemployées ont pu être fabriquées hors d'Europe lors de leur première vie, de sorte que le gain porte surtout sur l'évitement d'une nouvelle production plutôt que sur une relocalisation complète de la chaîne.
VoltR change d'échelle
Ce partenariat intervient quelques semaines après l'annonce, le 5 octobre 2026, d'un financement de 22 millions d'euros pour VoltR, dont 16 millions en fonds propres levés auprès du fonds SPI 2 géré par Bpifrance pour l'État dans le cadre de France 2030 et de Decathlon PULSE, et 6 millions de subventions du programme « Première Usine ». L'entreprise, qui emploie environ 40 personnes, prévoit de doubler la surface de son site de Verrières-en-Anjou (Maine-et-Loire), de multiplier sa capacité de production par six en deux ans et de créer une quarantaine d'emplois.
Les fonds serviront aussi à automatiser la production, à développer les technologies de diagnostic et de réaffectation des cellules, et à construire un site de stockage classé ICPE. Pour Somfy, le débouché industriel est un signal : un grand groupe intègre ce type de batterie dans un produit de série, ce qui peut servir de référence à d'autres fabricants.
Considérer les batteries en fin de premier cycle de vie non comme des déchets, mais comme une ressource précieuse. — Charles-Édouard Vasse, vice-président Achats du groupe Somfy
Reste à voir si le modèle passera à l'échelle : le volume de batteries disponibles, la fiabilité du tri et la compétitivité face aux cellules neuves, dont les prix ont fortement baissé, détermineront la place réelle de la remanufacture dans la filière européenne des batteries.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.webwire.com/ViewPressRel.asp?aId=363218
- https://presse.bpifrance.fr/voltr-securise-22-meur-de-financement-dont-16-meur-leves-aupres-de-bpifrance-et-decathlon-pulse-pour-industrialiser-la-seconde-vie-des-batteries-lithium-en-europe/?lang=fra
- https://www.lemoniteur.fr/stores-et-fermetures/fabricants/economie-circulaire-partenariat-entre-somfy-et-voltr-pour-offrir-une-seconde-vie-aux-batteries-lithium-ion.WFU42ZGSORGX7KV3JGY7G3IESI.html