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Terafab au Texas : SpaceX et Tesla misent sur le gaz, pas le solaire, pour alimenter leur méga-usine de puces

SpaceX et Tesla construisent au Texas « Terafab », une usine de semi-conducteurs destinée aux centres de données de SpaceX et de sa filiale xAI — et l'alimenteront avec ses propres centrales au gaz naturel plutôt qu'avec du solaire, malgré la présence de Tesla Energy dans le projet. Le choix illustre une tension que l'Europe observe de près : la ruée vers le calcul IA pousse à rebâtir des capacités fossiles dédiées, quand la France et l'UE misent sur le nucléaire et des règles de transparence énergétique pour éviter le même écueil. Un précédent similaire chez xAI à Memphis, poursuivi en justice pour des turbines au gaz non autorisées, donne un avant-goût des tensions à venir autour de Terafab.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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XINWA
white and gray factory under white clouds during daytime
IA & ClimatPhoto d'illustration : Nick /Unsplash

SpaceX et Tesla ont confirmé début août la localisation exacte de « Terafab », une usine de semi-conducteurs géante dans le comté de Grimes, à environ 70 kilomètres au nord-ouest de Houston. Le projet, dont la première phase est chiffrée à 16,8 milliards de dollars, doit produire les puces destinées aux centres de données exploités par SpaceX et sa filiale d'intelligence artificielle xAI. Mais c'est un autre chiffre qui a retenu l'attention : l'électricité de cette usine ne viendra pas du soleil, malgré la présence de Tesla — pourtant l'un des plus gros installateurs de solaire résidentiel et commercial des États-Unis — dans le montage du projet.

Du gaz plutôt que du soleil

Lors d'une réunion publique avec les habitants du comté début août, Riley Trettel, qui pilote le développement énergétique et les centres de données chez SpaceX, a expliqué que l'entreprise allait « apporter sa propre électricité », via des centrales au gaz naturel construites sur site et complétées par de « très grands parcs de batteries ». Aucune mention de production solaire terrestre n'a été faite, alors que Tesla développe justement cette technologie depuis plus d'une décennie. Le choix s'inscrit dans une tendance plus large : Elon Musk, qui a longtemps défendu les renouvelables via Tesla, a multiplié ces derniers mois les investissements dans le gaz pour alimenter les infrastructures de calcul de ses sociétés.

Nous allons apporter notre propre électricité — Riley Trettel, responsable énergie et centres de données chez SpaceX, lors d'une réunion publique avec les habitants du comté de Grimes début août 2026.

Ce choix n'est pas isolé. À Memphis, xAI a déjà installé 59 turbines au gaz naturel pour alimenter son supercalculateur Colossus 2, dont 27 fonctionnaient sans permis d'exploitation selon une plainte déposée par la NAACP et soutenue par le Southern Environmental Law Center et Earthjustice. Le dossier, qui évoque un potentiel de rejets de plus de 1 700 tonnes d'oxydes d'azote par an, a pris une tournure politique : le ministère américain de la Justice est intervenu dans la procédure en invoquant des enjeux de sécurité nationale liés au calcul IA, une intervention rare qui illustre à quel point l'approvisionnement énergétique des géants de l'IA est devenu un sujet sensible aux États-Unis.

Le comté de Grimes, de son côté, a rendu public en juin l'accord fiscal encadrant le projet : SpaceX versera environ 20 millions de dollars par an pendant 35 ans (710 millions au total) en échange d'un abattement fiscal sur dix ans, conditionné à un investissement minimum de 5 milliards de dollars d'ici 2030 et à la création d'au moins 1 800 emplois d'ici 2035. Les travaux de terrassement et les fondations doivent démarrer dans les prochaines semaines.

Ce que ça dit du modèle énergétique de l'IA en Europe

Le cas Terafab illustre une équation que l'Europe cherche justement à éviter : le calcul lié à l'intelligence artificielle consomme tellement d'électricité, et si vite, que les promoteurs de data centers et d'usines de puces sont tentés de bâtir des capacités fossiles dédiées plutôt que d'attendre un raccordement au réseau bas-carbone existant. En France, la stratégie inverse est mise en avant par les pouvoirs publics et des acteurs comme EDF ou Mistral AI, qui misent sur le nucléaire pour garantir une électricité décarbonée aux futurs centres de calcul IA. À l'échelle de l'Union européenne, la directive sur l'efficacité énergétique impose déjà aux data centers de grande taille de publier leurs données de consommation et leur mix électrique — une transparence qui rendrait plus difficile, en théorie, un choix aussi frontal que celui de Terafab pour du gaz non compensé.

Reste à voir si Terafab suivra le même chemin judiciaire que les installations de xAI à Memphis : les centrales gazières du projet devront obtenir leurs propres permis d'exploitation environnementale, un processus que les procédures en cours dans le Mississippi ont montré comme loin d'être automatique. Pour l'instant, aucune association environnementale locale n'a annoncé de recours, mais le précédent de Memphis suggère que ce dossier sera suivi de près par les défenseurs de l'air pur autant que par les analystes de la filière des semi-conducteurs.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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