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Même le Texas, eldorado des data centers, appuie sur pause

Le gouverneur du Texas Greg Abbott a ordonné la suspension de tout nouveau raccordement de data center au réseau électrique de l'État, le temps qu'un audit évalue leur consommation d'eau et d'électricité. Plus de 1 800 projets attendaient une connexion auprès du gestionnaire de réseau ERCOT, une demande cumulée équivalente à cinq fois le pic de consommation historique du Texas. L'épisode marque un coup d'arrêt symbolique dans l'État américain le plus permissif en la matière, et fait écho à des tensions déjà vécues en Europe — Dublin a imposé un moratoire de fait sur les data centers pendant plusieurs années, et RTE anticipe désormais une consommation triplée du secteur en France d'ici 2035.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a bunch of blue wires connected to each other
PolitiquePhoto d'illustration : Scott Rodgerson /Unsplash

Dans une lettre adressée le 3 août à la Public Utility Commission of Texas (PUCT) et à l'Electric Reliability Council of Texas (ERCOT), le gouverneur républicain Greg Abbott a demandé la suspension immédiate de tout nouveau raccordement de data center au réseau électrique de l'État, tant qu'un audit complet n'aura pas été mené. Il exige des porteurs de projets des informations précises : allègements fiscaux perçus, volumes d'électricité consommés et produits, usage et refroidissement de l'eau, mesures prises pour limiter l'impact sur les communautés locales, et identité réelle des propriétaires des installations.

Un carnet de commandes devenu incontrôlable

La décision intervient alors qu'ERCOT recense plus de 1 800 projets en attente de raccordement, représentant plus de 474 gigawatts de demande cumulée — soit plus de cinq fois le record historique de pointe de consommation de l'État. Environ 90 % de ces demandes proviennent de data centers. Le Texas compte déjà au moins 335 centres en exploitation et 248 autres en projet, ce qui en fait le deuxième marché du pays derrière la Virginie. À la suite de la lettre du gouverneur, ERCOT a confirmé le report de son étude de planification des raccordements dite « Batch Zero », gelant de fait l'instruction des nouveaux dossiers.

La mesure ne fait pas consensus. Du côté des professionnels, la Data Center Coalition a salué une occasion de « mettre en valeur les acteurs vertueux » du secteur tout en poursuivant le développement économique. À l'inverse, le commissaire à l'Agriculture du Texas, Sid Miller, a dénoncé l'initiative sans détour.

Une rhétorique politique vide enveloppée de verbiage creux.

Pour ses détracteurs, un audit sans calendrier fixé ni base légale contraignante s'apparente à un geste politique plus qu'à une réponse structurelle ; pour ses défenseurs, il s'agit du premier outil concret permettant à l'État de mesurer, avant d'accepter de nouveaux raccordements, l'ampleur réelle d'une demande énergétique jusqu'ici largement anticipée à l'aveugle par le gestionnaire de réseau.

Un scénario déjà éprouvé en Irlande, qui se profile en France

Le cas texan n'est pas isolé. L'Irlande a connu une situation comparable dès novembre 2021, lorsque le régulateur CRU a imposé un moratoire de fait sur les nouveaux raccordements de data centers dans la région de Dublin, où EirGrid n'acceptait plus aucune nouvelle demande jusqu'en 2028 au moins. Le secteur consommait alors plus de 10 % de l'électricité du pays, avec une trajectoire jugée incompatible avec les objectifs climatiques irlandais. Ce n'est qu'en décembre 2025 qu'un assouplissement a été acté, conditionné à l'obligation pour chaque nouveau site de couvrir sa propre demande via des capacités de production ou de stockage dédiées.

En France, RTE ne projette pas (encore) de saturation comparable, mais la trajectoire est similaire : le gestionnaire de réseau estime que la consommation électrique des data centers pourrait atteindre 15 à 20 TWh en 2030, puis 23 à 28 TWh en 2035, soit environ 3 à 4 % de la consommation nationale — contre une part aujourd'hui nettement plus faible. Le boom des infrastructures dédiées à l'intelligence artificielle, plus gourmandes en énergie que les centres classiques, est identifié par RTE comme le principal moteur de cette hausse.

L'épisode texan a une valeur de signal : même l'État américain le plus ouvert à l'implantation de data centers, doté d'une réglementation légère et d'un marché de l'électricité libéralisé, atteint un point où la question de la priorité d'accès au réseau — entre calcul pour l'IA et usages domestiques ou industriels classiques — devient politiquement incontournable. À mesure que la demande liée à l'IA continue de croître en Europe, la manière dont le Texas et l'Irlande arbitrent entre attractivité économique et stabilité du réseau électrique offre un précédent que les régulateurs français et européens observeront de près.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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