Londres lance les premiers robotaxis d'Europe, mais garde un chauffeur au volant
Depuis le 3 septembre 2026, les Londoniens peuvent être pris en charge par une voiture autonome via l'application Uber : moins de vingt Ford Mustang Mach-E électriques pilotées par l'intelligence artificielle de la société britannique Wayve. Chaque véhicule embarque encore un chauffeur professionnel licencié, juridiquement responsable du trajet, car le Royaume-Uni n'autorisera la conduite sans superviseur qu'à partir de la seconde moitié de 2027. C'est le premier déploiement commercial de robotaxis dans une grande capitale européenne, sur un modèle nettement plus prudent que celui de Waymo aux États-Unis. Pour l'Europe, qui affine ses propres règles sur le véhicule autonome, l'expérience londonienne fait figure de test grandeur nature.
L'annonce conjointe d'Uber et de Wayve marque la première fois que des trajets autonomes sont proposés au public au Royaume-Uni. Concrètement, un client qui commande une course UberX, Uber Comfort ou Uber Electric à Londres peut désormais se voir attribuer, sans supplément de prix, une Ford Mustang Mach-E équipée du « AI Driver » de Wayve et d'un jeu de capteurs couvrant 360 degrés autour du véhicule. Le passager est prévenu avant l'arrivée de la voiture et peut décliner pour basculer sur un véhicule conduit par un humain.
La flotte reste volontairement réduite. Transport for London (TfL) a accordé en août 2026 une autorisation d'un an portant sur un maximum de quinze véhicules, détenus et exploités par Uber, la conduite étant assurée par le logiciel de Wayve. Les voitures peuvent circuler partout dans la capitale à l'exception des aéroports. Uber affirme que plus de 140 000 Londoniens s'étaient déjà déclarés volontaires pour ces trajets via les préférences de l'application.
Un superviseur encore obligatoire au volant
Les Mustang Mach-E modifiées ont été homologuées comme des véhicules de tourisme avec chauffeur (private hire vehicles), et non comme des véhicules automatisés. Un conducteur licencié par TfL doit donc rester derrière le volant, juridiquement responsable du trajet, prêt à reprendre la direction ou à freiner en cas de problème. Le régime sans superviseur dépend de l'Automated Vehicles Act voté en 2024, dont l'application complète est attendue pour la seconde moitié de 2027 : le texte imposera qu'un système autonome démontre « un niveau de sécurité au moins équivalent à celui d'un conducteur humain compétent et prudent ».
Côté expérience, l'habitacle conçu par Uber intègre un écran interactif disponible en 64 langues, qui permet de démarrer la course et de visualiser en temps réel la trajectoire planifiée par la voiture. Les tarifs sont identiques à ceux d'une course ordinaire et aucun pourboire n'est demandé à l'arrivée. Le lancement a été salué par le gouvernement britannique, qui y voit une vitrine pour sa filière technologique.
Wayve, pari européen sur une IA « qui apprend à conduire »
Fondée à Cambridge et désormais installée à Londres, Wayve défend une approche qu'elle qualifie d'« AV2.0 » : plutôt que de s'appuyer sur des cartes haute définition centimétriques et des règles de circulation codées à la main, son système apprend à conduire à partir de l'expérience, à la manière d'un modèle d'apprentissage automatique, et se veut agnostique quant au véhicule et aux capteurs employés. La start-up a levé plus d'un milliard de dollars en 2024 auprès de SoftBank, Nvidia et Microsoft, avant de recevoir un investissement d'Uber destiné à déployer sa technologie sur douze marchés. Un partenariat avec Nissan prévoit des berlines LEAF autonomes à Tokyo d'ici la fin 2026, et un accord signé avec Stellantis en juin 2026 explore des robotaxis sans conducteur de niveau 4.
Nous sommes fiers de présenter le Wayve AI Driver au public pour la première fois ici à Londres, notre ville d'origine et l'un des environnements de conduite les plus complexes au monde. — Alex Kendall, cofondateur et directeur général de Wayve
Pour un lecteur européen, l'intérêt dépasse la seule curiosité technologique. Le déploiement londonien est le premier du genre dans une grande ville européenne, sur un modèle sensiblement plus encadré que celui de Waymo aux États-Unis, où des voitures totalement vides circulent déjà à Phoenix, San Francisco ou Los Angeles — et où Waymo a lui aussi annoncé son intention de tester à Londres. L'Union européenne et la France travaillent en parallèle à leurs propres cadres : la France autorise depuis 2022 des systèmes de niveau 3 sous conditions et expérimente des navettes autonomes, mais aucun service de robotaxi ouvert au public n'y a encore vu le jour.
L'accueil n'est pas unanime. Steven McNamara, secrétaire général de l'association des chauffeurs de taxis licenciés de Londres, résume l'hostilité de la profession en qualifiant le robotaxi de « solution en quête de problème ». Les prochains mois diront si le service tient ses promesses de sécurité et de fiabilité dans le trafic dense de la capitale britannique — condition nécessaire pour qu'Uber et Wayve obtiennent, à partir de 2027, le droit de retirer le superviseur humain, et pour que le modèle essaime sur le continent.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://wayve.ai/press/wayve-uber-launch-autonomous-rides/
- https://investor.uber.com/news-events/news/press-release-details/2026/Wayve-and-Uber-Launch-First-Ever-Autonomous-Rides-in-the-UK-2026-VoFQI1WbQi/default.aspx
- https://www.cp24.com/news/world/2026/09/03/robotaxi-service-debuts-on-londons-busy-streets-as-europe-weighs-more-self-driving-vehicles/