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Éolien flottant : BW Ideol et NGE lancent une usine de 30 flotteurs par an près de Marseille

BW Ideol et NGE ont annoncé un partenariat à parts égales pour construire à Fos-sur-Mer, sur la plateforme portuaire DEOS du Grand port maritime de Marseille, une usine de fondations flottantes en béton pour l'éolien offshore. D'un investissement estimé à 200 millions d'euros, le site baptisé Fos3F produira jusqu'à 30 flotteurs par an, soit l'équivalent de 500 MW de puissance installée, et devrait créer plus de 1300 emplois directs dans la région. Le projet a déjà obtenu 126 millions d'euros de financements publics, dont jusqu'à 74 millions du Fonds pour l'innovation de l'Union européenne. Les premières livraisons sont prévues à partir de 2030, dans le cadre de l'appel d'offres français AO10 qui cible plus de 5 GW d'éolien flottant, dont 3,7 GW en Méditerranée.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Industrial port with ships, large structures, and wind turbines.
ÉnergiePhoto d'illustration : Julia Taubitz /Unsplash

Avec Fos3F, l'éolien flottant méditerranéen se dote enfin d'un outil industriel à sa mesure. BW Ideol, pionnier français du secteur, et NGE, quatrième groupe de BTP hexagonal, ont formalisé un partenariat à parts égales pour ériger sur la plateforme portuaire DEOS du Grand port maritime de Marseille, à Fos-sur-Mer, une usine dédiée à la fabrication de fondations flottantes en béton. Le site doit occuper environ 30 hectares de terre-pleins et disposer de 400 mètres linéaires de quai, une emprise à la mesure des structures produites : chaque flotteur, une fois assemblé à sa turbine, forme un ensemble de plusieurs milliers de tonnes destiné à être remorqué en mer.

Le Damping Pool, une technologie pensée pour la Méditerranée

Le flotteur fabriqué à Fos3F repose sur la technologie Damping Pool®, brevetée par BW Ideol et déjà testée à échelle réduite depuis son site historique de La Ciotat, où l'entreprise est implantée depuis 2010. Le principe : une plateforme en anneau dotée en son centre d'un puits amortisseur qui atténue le mouvement de la houle, permettant d'installer l'éolienne sur une base stable sans recourir aux lignes d'ancrage tendues typiques d'autres designs flottants. L'usage du béton plutôt que de l'acier, matériau largement disponible localement et moins sensible aux tensions d'approvisionnement, doit aussi permettre de sécuriser une chaîne de production régulière sur plusieurs années. NGE, déjà présent dans la région via son implantation de Saint-Étienne-du-Grès dans les Bouches-du-Rhône, apporte son savoir-faire en génie civil et en préfabrication lourde à cette étape de construction.

À plein régime, l'usine doit sortir jusqu'à 30 flotteurs par an, soit l'équivalent d'environ 500 MW de puissance installée annuellement. Sur la durée du contrat envisagé, les deux partenaires évoquent la livraison de plus de 200 fondations flottantes entre 2030 et 2037. L'investissement industriel est estimé à 200 millions d'euros, un montant conséquent pour une filière encore émergente en France, où l'éolien flottant n'existe pour l'instant qu'à l'état de fermes pilotes.

126 millions d'euros d'argent public déjà sécurisés

Le projet a obtenu 126 millions d'euros de financements publics avant même le début des travaux. La part la plus importante, jusqu'à 74 millions d'euros, provient du Fonds pour l'innovation de l'Union européenne, l'instrument financé par les quotas carbone du marché européen et destiné à accélérer les technologies de rupture bas-carbone. Le solde, jusqu'à 52 millions d'euros, relève du crédit d'impôt au titre de l'industrie verte (C3IV), dispositif français conçu pour attirer sur le territoire les usines de composants liés à la transition énergétique — batteries, pompes à chaleur, électrolyseurs et, ici, fondations d'éolien en mer. Ce niveau d'aide illustre la volonté des pouvoirs publics de faire émerger une filière industrielle nationale plutôt que de dépendre d'équipements importés, alors que la concurrence internationale sur les composants d'éolien flottant reste vive, notamment face aux acteurs asiatiques.

Sur le plan de l'emploi, BW Ideol et NGE avancent le chiffre de plus de 1 300 emplois directs créés à Fos-sur-Mer, sans compter les effets indirects attendus sur la sous-traitance locale et la logistique portuaire. Un accord stratégique conclu en décembre 2025 avec le cimentier Holcim doit par ailleurs sécuriser l'approvisionnement en béton du site, un enjeu logistique important compte tenu des volumes nécessaires à une cadence de production industrielle.

S'inscrire dans le calendrier de l'appel d'offres AO10

Ce pari industriel anticipe la demande générée par l'appel d'offres gouvernemental AO10, qui vise le développement de plus de 5 GW d'éolien flottant en France, dont 3,7 GW rien que sur la façade méditerranéenne. Les premières livraisons de flotteurs Fos3F sont prévues à partir de 2030, un calendrier qui correspond à la mise en service progressive des parcs commerciaux attendus dans le sillage des fermes pilotes de Provence-Grand Large et de Golfe du Lion, actuellement en test au large des côtes méditerranéennes. Pour la filière française, l'enjeu dépasse la seule production d'électricité : il s'agit de capter, sur le sol national, la valeur industrielle d'une technologie que la France a largement contribué à développer, plutôt que de la voir se déployer avec des fondations fabriquées ailleurs.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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