ATMO-INDEX
198 ARTICLES PUBLIÉS583 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 117 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 16 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER198 ARTICLES PUBLIÉS583 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 117 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 16 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Waga Energy consolide son offensive américaine avec une nouvelle usine de biométhane

Le grenoblois Waga Energy et l'américain Casella Waste Systems ont démarré l'exploitation d'une nouvelle unité de production de biométhane sur la décharge de Hyland, dans l'État de New York. L'installation, financée intégralement par Waga Energy, doit produire jusqu'à 180 GWh de gaz renouvelable par an et éviter 47 000 tonnes de CO2 équivalent. C'est la deuxième des trois usines prévues par l'accord liant les deux entreprises, un nouveau jalon pour l'expansion américaine de la pépite française du biométhane de décharge.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
Lecture: 4 min
Partager
XINWA
A water tank sits amidst a green hill
ÉnergiePhoto d'illustration : Spencer DeMera /Unsplash

L'annonce, publiée fin juillet, formalise le démarrage effectif de la production sur le site de Hyland Landfill, à Angelica, dans l'État de New York. L'unité, construite et exploitée par la filiale américaine de Waga Energy, traite jusqu'à 3 000 pieds cubes standard par minute de gaz de décharge pour en extraire un biométhane directement injectable dans le réseau gazier local, celui d'Eastern Gas Transmission and Storage. À pleine capacité, l'installation doit produire environ 610 000 MMBtu par an, soit environ 180 GWh, de quoi éviter l'équivalent de 47 000 tonnes de CO2 chaque année selon les standards de calcul de l'agence américaine de l'environnement (EPA).

Capter le méthane que les décharges laissaient s'échapper

La technologie déployée, WAGABOX, est le cœur du modèle économique de l'entreprise iséroise depuis sa création en 2015. Les décharges produisent naturellement, par fermentation des déchets organiques enfouis, un biogaz composé pour moitié environ de méthane, mélangé à du CO2, de l'azote et de l'oxygène — un gaz historiquement soit brûlé en torchère (donc perdu), soit, pire, partiellement relâché dans l'atmosphère sous forme de méthane non capté, un gaz à effet de serre environ 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur vingt ans. Le procédé de Waga Energy, basé sur une séparation cryogénique brevetée, purifie ce biogaz brut jusqu'à obtenir un gaz aux caractéristiques identiques au gaz naturel fossile, injectable tel quel dans les réseaux existants sans modification des usages en aval.

Le modèle contractuel employé sur le site de Hyland est celui que l'entreprise a généralisé aux États-Unis : Waga Energy finance l'intégralité de la construction, reste propriétaire de l'unité et l'exploite pendant vingt ans, tandis que l'exploitant du site d'enfouissement — ici Casella Waste Systems, l'un des plus gros gestionnaires de déchets du nord-est américain — perçoit une part des revenus tirés de la vente du gaz. Ce schéma, qui ne demande aucun investissement initial au propriétaire du site, explique en grande partie la vitesse à laquelle Waga Energy a multiplié les contrats outre-Atlantique depuis son entrée sur ce marché.

Un marché américain dopé par les crédits d'impôt fédéraux

Hyland est la deuxième des trois usines prévues par l'accord-cadre signé entre Casella et Waga Energy, qui doit encore voir sortir de terre un troisième site. Pour Casella, il s'agit plus largement de son quatrième projet de valorisation en biométhane, les autres partenariats de l'entreprise incluant d'autres opérateurs que Waga Energy. Le projet est éligible aux crédits d'impôt à l'investissement et à la production prévus par l'Inflation Reduction Act, le dispositif fédéral qui continue, malgré les tensions politiques autour de son maintien, de soutenir financièrement ce type d'installation de gaz renouvelable aux États-Unis.

La mise en service d'une unité WAGABOX à grande capacité sur le site de Hyland démontre la capacité de notre technologie à changer d'échelle, quel que soit le type de décharge où elle est déployée. — Guénaël Prince, directeur général de Waga Energy Inc.

Cette nouvelle mise en service s'inscrit dans une dynamique plus large pour l'entreprise, cotée sur Euronext Paris. Ses résultats 2025, publiés en avril, faisaient déjà état d'une croissance de 23 % des revenus tirés du biométhane et d'un passage en territoire positif de l'EBITDA, une première pour le groupe. Le portefeuille de projets revendiqué atteint désormais 55 unités entre exploitation et construction, pour une capacité installée cumulée de 3,8 TWh par an, sur un pipeline commercial total de plus de 200 projets. Les objectifs initiaux de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et de 4 TWh de capacité installée, fixés à l'origine pour 2026, ont toutefois été repoussés d'environ dix-huit mois par l'entreprise elle-même.

Pour un lecteur européen, l'intérêt de ce type d'annonce dépasse le seul palmarès américain d'une entreprise française : le gisement de méthane non capté dans les décharges historiques, souvent fermées mais toujours actives biologiquement pendant des décennies, existe tout autant en France et dans le reste de l'Europe. Waga Energy y exploite déjà une quarantaine d'unités, notamment en France, en Espagne et aux Pays-Bas. La réussite du modèle américain, où le rythme de déploiement s'est nettement accéléré grâce aux incitations fiscales locales, sert désormais de vitrine commerciale pour convaincre d'autres exploitants de décharges européens de franchir le pas.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Dans la même rubrique

white and blue truck on road during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Zetong Li / Unsplash

Tesla Semi : la version européenne du camion électrique dévoilée, livraisons dès 2027

Tesla a présenté à Hanovre, lors du salon IAA Transportation, la déclinaison européenne de son camion électrique Semi : 550 km d'autonomie, trois moteurs totalisant 800 kW et une recharge rapide capable de restituer 60 % de la batterie en 30 minutes. Homologuée pour les routes du continent, cette version se distingue par un poste de conduite central, des rétroviseurs caméra et des phares indépendants, conformes aux réglementations européennes. Les premières livraisons sont prévues en 2027, avec une production d'abord assurée au Nevada avant un basculement partiel vers le Gigafactory Berlin-Brandebourg. Le constructeur entre ainsi en concurrence directe avec les poids lourds électriques déjà commercialisés par Mercedes-Benz, Volvo, Scania ou MAN.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026
wind turbines on brown sand under white clouds and blue sky during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Rabih Shasha / Unsplash

Recharge électrique : les Français roulent plus loin et s'arrêtent moins cet été

Entre juillet et août 2026, les recharges effectuées via l'application Chargemap ont bondi de 54,2% par rapport à l'été précédent, signe d'une adoption croissante de la voiture électrique pour les longs trajets de vacances. Plus de 1,8 million d'itinéraires ont été calculés sur la période, avec une distance moyenne planifiée de 416 km contre 375 km cinq ans plus tôt. Fait notable : malgré des trajets plus longs, le nombre d'arrêts recharge nécessaires a diminué, passant à 1,88 en moyenne. Un basculement porté par l'amélioration des batteries et la densification du réseau de bornes rapides en France.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026
white and brown tram on street during night time
ÉnergiePhoto d'illustration : Nicholas Bartos / Unsplash

MG dévoile l'iEV12LE, un autocar électrique de 489 kWh et 650 km d'autonomie à l'IAA Transportation

Le constructeur chinois MG, via sa marque véhicules lourds MG Commercial, a présenté à Hanovre l'iEV12LE, un autocar électrique interurbain doté d'une batterie de 489 kWh intégrée au châssis et d'une autonomie annoncée jusqu'à 650 km. Le véhicule vise explicitement le marché européen, où l'électrification des cars et bus s'accélère sous la pression des objectifs de réduction des émissions des véhicules lourds. Aucune commande ni date de commercialisation n'a encore été annoncée : MG reste, pour l'instant, au stade du lancement commercial et n'a pas précisé son modèle de distribution en Europe.

Rédaction AtmoGreen Studio
16 sept. 2026