Waga Energy consolide son offensive américaine avec une nouvelle usine de biométhane
Le grenoblois Waga Energy et l'américain Casella Waste Systems ont démarré l'exploitation d'une nouvelle unité de production de biométhane sur la décharge de Hyland, dans l'État de New York. L'installation, financée intégralement par Waga Energy, doit produire jusqu'à 180 GWh de gaz renouvelable par an et éviter 47 000 tonnes de CO2 équivalent. C'est la deuxième des trois usines prévues par l'accord liant les deux entreprises, un nouveau jalon pour l'expansion américaine de la pépite française du biométhane de décharge.
L'annonce, publiée fin juillet, formalise le démarrage effectif de la production sur le site de Hyland Landfill, à Angelica, dans l'État de New York. L'unité, construite et exploitée par la filiale américaine de Waga Energy, traite jusqu'à 3 000 pieds cubes standard par minute de gaz de décharge pour en extraire un biométhane directement injectable dans le réseau gazier local, celui d'Eastern Gas Transmission and Storage. À pleine capacité, l'installation doit produire environ 610 000 MMBtu par an, soit environ 180 GWh, de quoi éviter l'équivalent de 47 000 tonnes de CO2 chaque année selon les standards de calcul de l'agence américaine de l'environnement (EPA).
Capter le méthane que les décharges laissaient s'échapper
La technologie déployée, WAGABOX, est le cœur du modèle économique de l'entreprise iséroise depuis sa création en 2015. Les décharges produisent naturellement, par fermentation des déchets organiques enfouis, un biogaz composé pour moitié environ de méthane, mélangé à du CO2, de l'azote et de l'oxygène — un gaz historiquement soit brûlé en torchère (donc perdu), soit, pire, partiellement relâché dans l'atmosphère sous forme de méthane non capté, un gaz à effet de serre environ 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur vingt ans. Le procédé de Waga Energy, basé sur une séparation cryogénique brevetée, purifie ce biogaz brut jusqu'à obtenir un gaz aux caractéristiques identiques au gaz naturel fossile, injectable tel quel dans les réseaux existants sans modification des usages en aval.
Le modèle contractuel employé sur le site de Hyland est celui que l'entreprise a généralisé aux États-Unis : Waga Energy finance l'intégralité de la construction, reste propriétaire de l'unité et l'exploite pendant vingt ans, tandis que l'exploitant du site d'enfouissement — ici Casella Waste Systems, l'un des plus gros gestionnaires de déchets du nord-est américain — perçoit une part des revenus tirés de la vente du gaz. Ce schéma, qui ne demande aucun investissement initial au propriétaire du site, explique en grande partie la vitesse à laquelle Waga Energy a multiplié les contrats outre-Atlantique depuis son entrée sur ce marché.
Un marché américain dopé par les crédits d'impôt fédéraux
Hyland est la deuxième des trois usines prévues par l'accord-cadre signé entre Casella et Waga Energy, qui doit encore voir sortir de terre un troisième site. Pour Casella, il s'agit plus largement de son quatrième projet de valorisation en biométhane, les autres partenariats de l'entreprise incluant d'autres opérateurs que Waga Energy. Le projet est éligible aux crédits d'impôt à l'investissement et à la production prévus par l'Inflation Reduction Act, le dispositif fédéral qui continue, malgré les tensions politiques autour de son maintien, de soutenir financièrement ce type d'installation de gaz renouvelable aux États-Unis.
La mise en service d'une unité WAGABOX à grande capacité sur le site de Hyland démontre la capacité de notre technologie à changer d'échelle, quel que soit le type de décharge où elle est déployée. — Guénaël Prince, directeur général de Waga Energy Inc.
Cette nouvelle mise en service s'inscrit dans une dynamique plus large pour l'entreprise, cotée sur Euronext Paris. Ses résultats 2025, publiés en avril, faisaient déjà état d'une croissance de 23 % des revenus tirés du biométhane et d'un passage en territoire positif de l'EBITDA, une première pour le groupe. Le portefeuille de projets revendiqué atteint désormais 55 unités entre exploitation et construction, pour une capacité installée cumulée de 3,8 TWh par an, sur un pipeline commercial total de plus de 200 projets. Les objectifs initiaux de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires et de 4 TWh de capacité installée, fixés à l'origine pour 2026, ont toutefois été repoussés d'environ dix-huit mois par l'entreprise elle-même.
Pour un lecteur européen, l'intérêt de ce type d'annonce dépasse le seul palmarès américain d'une entreprise française : le gisement de méthane non capté dans les décharges historiques, souvent fermées mais toujours actives biologiquement pendant des décennies, existe tout autant en France et dans le reste de l'Europe. Waga Energy y exploite déjà une quarantaine d'unités, notamment en France, en Espagne et aux Pays-Bas. La réussite du modèle américain, où le rythme de déploiement s'est nettement accéléré grâce aux incitations fiscales locales, sert désormais de vitrine commerciale pour convaincre d'autres exploitants de décharges européens de franchir le pas.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.globenewswire.com/news-release/2026/07/28/3334712/8693/en/casella-waste-systems-and-waga-energy-announce-start-of-operations-of-rng-facility-at-hyland-landfill.html
- https://www.bioenergy-news.com/news/casella-and-waga-energy-start-large-capacity-rng-facility-at-new-york-landfill/
- https://www.gaz-mobilite.fr/actus/metharama/marche/waga-energy-resultats-financiers-2025/