Xiaomi vise l'Europe en 2027 et s'appuie sur huit distributeurs allemands
À l'IFA de Berlin, Xiaomi a confirmé son arrivée sur le marché automobile européen en 2027, en commençant par l'Allemagne, et signé des lettres d'intention avec huit groupes de distribution allemands. Le constructeur, qui a livré plus de 700 000 voitures en Chine depuis 2024, s'appuie sur son centre de R&D de Munich et sur les réseaux d'après-vente existants plutôt que de bâtir le sien. Son concept Vision Gran Turismo de 1 900 ch a servi de vitrine technologique. Pour les constructeurs européens, l'échéance ouvre un nouveau front de concurrence chinoise, sur fond de droits de douane de l'UE sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.
En marge de l'IFA de Berlin, grand salon de l'électronique grand public qui s'est tenu du 4 au 8 septembre 2026, Xiaomi a précisé le calendrier de son expansion automobile hors de Chine. Le groupe chinois annonce un lancement commercial en Europe en 2027, avec l'Allemagne comme premier marché, et a scellé à cette occasion des protocoles d'accord (memoranda of understanding) avec huit groupes de distribution automobile allemands. C'est la première fois que Xiaomi fixe une échéance publique pour la vente de ses voitures sur le continent.
Un réseau de distribution avant la première voiture
Les huit partenaires signataires sont Emil Frey Germany, Ernst Dello, Autohaus Dinnebier, Hahn Automobile, LUEG Mobility, Fett & Wirtz, SPT Avior et Penske-Jacobs. Il s'agit pour l'instant de lettres d'intention non contraignantes, mais elles dessinent la stratégie retenue : Xiaomi décrit ces groupes comme figurant parmi les distributeurs de marques premium les plus établis d'Allemagne, et compte s'appuyer sur leurs points de vente et leurs ateliers pour assurer la commercialisation et le service après-vente, plutôt que de construire un réseau en propre. Le constructeur indique poursuivre le recrutement de partenaires ailleurs en Europe avant l'ouverture de 2027.
Xiaomi Auto s'engage dans un investissement de long terme en Europe. Avec notre centre de R&D européen à Munich et un réseau croissant de partenaires de vente et de service, nous voulons apporter aux clients européens des produits innovants et une expérience de service de premier ordre.
La citation est de Yu Liguo, vice-président de Xiaomi Auto et responsable des activités internationales. Le centre de R&D de Munich mentionné a été ouvert en septembre 2025 : c'est le premier bureau d'études de la marque automobile hors de Chine, chargé notamment de l'adaptation des véhicules aux réglementations et aux usages européens.
Deux modèles éprouvés en Chine, une équation économique européenne incertaine
Xiaomi commercialise aujourd'hui en Chine deux véhicules : la berline SU7, qui a dépassé 500 000 exemplaires livrés en 28,5 mois et s'est classée en tête du segment des grandes berlines électriques dans l'enquête qualité de J.D. Power deux années de suite, et le SUV YU7, qui a enregistré plus de 240 000 commandes dans les 18 heures suivant son lancement, positionné sous le prix du Tesla Model Y. La gamme précise destinée à l'Allemagne n'a pas encore été communiquée. En Chine, la division automobile est devenue rentable en six trimestres, mais elle a de nouveau accusé une perte opérationnelle d'environ 315 millions d'euros au deuxième trimestre 2026 malgré des volumes en hausse, signe du coût de la montée en cadence et de l'internationalisation.
Le principal point d'interrogation reste douanier. Depuis fin 2024, l'Union européenne applique des droits compensateurs additionnels sur les voitures électriques importées de Chine, qui s'ajoutent au tarif de base de 10 % et peuvent, selon les constructeurs, porter la taxation totale à plus de 40 %. Xiaomi produit ses véhicules en Chine et n'a annoncé aucun plan d'assemblage local en Europe : une part de son avantage de prix pourrait être absorbée par ces surtaxes, ce qui pèsera sur le positionnement des SU7 et YU7 face aux modèles européens et coréens.
La Vision GT, vitrine technologique
Sur son stand, Xiaomi exposait aussi le concept Vision Gran Turismo, un exercice de style développé dans le cadre du programme de la licence de jeu vidéo Gran Turismo — Xiaomi est le premier constructeur chinois à y participer en 28 ans d'existence du programme. L'engin revendique une monocoque en fibre de carbone, une architecture électrique 900 volts, une puissance pouvant atteindre 1 900 ch, un freinage carbone-céramique et un coefficient de traînée (Cx) de 0,29. Il n'est pas destiné à la production : sa fonction est d'installer une image de marque haut de gamme au moment où Xiaomi se fait connaître des automobilistes européens.
Concrètement, l'annonce de Berlin ajoute un acteur de plus à la vague de constructeurs chinois qui s'installent en Europe, sur un marché où Volkswagen, Stellantis et Renault sont déjà sous pression sur l'électrique. La particularité de Xiaomi tient à sa notoriété d'électronicien grand public et à l'intégration logicielle entre voiture, téléphone et objets connectés, un argument que les marques établies peinent encore à égaler. L'échéance de 2027 laisse peu de temps aux constructeurs du continent pour ajuster leur offre d'entrée et de milieu de gamme.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.