Xpeng ouvre la première ligne automatisée pour robots humanoïdes et prend une longueur d'avance sur Tesla
Le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng a mis en service à Canton une chaîne de production automatisée à plus de 80 %, dédiée à son robot humanoïde IRON, dont le premier exemplaire est sorti d'usine en marchant seul. L'entreprise revendique la première ligne industrielle au monde pour un humanoïde avancé et vise la production de masse dès fin 2026. Pendant ce temps, le programme Optimus de Tesla accumule les retards et se contente de convertir une ligne automobile existante. Les livraisons hors de Chine, Europe comprise, sont annoncées pour 2027 : la vraie bataille se jouera sur la capacité à fabriquer ces machines en volume et à un coût soutenable.
Xpeng a officiellement inauguré, les 7 et 8 septembre 2026 à Canton, une usine entièrement dédiée à la fabrication de son robot humanoïde IRON. Le constructeur, surtout connu en Europe pour ses berlines et SUV électriques, décrit l'installation comme la première ligne de production automatisée au monde conçue pour un robot humanoïde avancé : plus de 80 % des processus clés y sont automatisés, et le premier exemplaire est descendu de la chaîne d'assemblage en marchant de manière autonome, sans opérateur ni téléguidage. L'entreprise applique à ce nouveau produit les systèmes de contrôle qualité hérités de sa production automobile.
Le calendrier annoncé est agressif. Xpeng confirme viser la production de masse d'ici la fin 2026, avec des premiers déploiements dans ses propres boutiques et sur ses campus, puis un lancement commercial et des livraisons en Chine comme à l'international en 2027. À plus long terme, le groupe évoque une cadence de plus d'un millier de robots par mois, avec l'ambition d'atteindre un million d'unités par an à l'horizon 2030. La capacité réelle de l'usine et le prix de vente d'IRON n'ont, eux, pas été communiqués.
Une chaîne pensée comme celle d'une voiture électrique
L'argument central de Xpeng est méthodologique : transposer l'ingénierie de production automobile, où la maîtrise des coûts et de la répétabilité est un métier à part entière, à un objet radicalement différent. He Xiaopeng, président et directeur général du groupe, souligne qu'il a fallu tout inventer.
Les lignes de production de robots ont été créées de zéro, sans aucun précédent à suivre.
Sur le plan technique, IRON mesure 173 centimètres pour 65 kilogrammes et revendique 76 degrés de liberté, dont 21 pour chaque main — un niveau de dextérité qui conditionne l'usage en environnement humain. Le robot embarque trois puces maison Turing AI totalisant jusqu'à 2 250 TOPS de puissance de calcul, ce qui permet, selon Xpeng, de faire tourner directement à bord son modèle de fondation « Physical AI » et d'exécuter des tâches complexes sans pilotage à distance. La structure est décrite comme un treillis flexible entièrement caréné.
Ce que la manœuvre signifie pour l'Europe
La comparaison avec Tesla est explicite dans la communication de Xpeng, et elle est fondée. Elon Musk avait évoqué environ 10 000 Optimus produits en 2026 ; début 2026, il reconnaissait qu'aucun n'effectuait encore de travail utile. La production démarre tout juste à Fremont, à un rythme présenté comme lent, et sur une ligne automobile convertie plutôt que dans une usine dédiée. L'écart tient moins à la prouesse robotique — plusieurs acteurs savent faire marcher un humanoïde — qu'à l'industrialisation : produire des milliers d'unités identiques à un coût viable est le mur sur lequel bute le secteur.
Pour l'industrie européenne, le signal est le même que celui envoyé successivement sur les batteries puis sur les véhicules électriques : la Chine cherche à prendre l'avantage non pas sur la démonstration technologique, mais sur l'appareil de production. Les constructeurs automobiles allemands et français, ainsi que plusieurs start-up européennes de robotique, travaillent aussi sur des humanoïdes destinés à la logistique et à l'assemblage ; l'annonce de Xpeng fixe une référence de calendrier et de méthode. Les livraisons hors de Chine prévues en 2027 poseront par ailleurs des questions concrètes de sécurité, de certification et d'encadrement du travail que les régulateurs européens n'ont pas encore tranchées.
Il faut toutefois garder la mesure. « Sortir d'usine en marchant » est un jalon de démonstration, pas une preuve de production en volume, et Xpeng reste discret sur les chiffres qui permettraient de le vérifier. L'entreprise affirme viser une marge unitaire supérieure à celle de ses voitures électriques, sans étayer cette projection. Sa division robotique a néanmoins levé plus de 900 millions de dollars en août 2026, pour une valorisation dépassant 6,3 milliards de dollars, avec le soutien de Tencent, d'Alibaba et d'IDG Capital — de quoi financer la montée en cadence que le groupe décrira, ou non, dans les prochains trimestres.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.prnewswire.com/news-releases/iron-the-worlds-first-advanced-general-purpose-humanoid-robot-walks-off-the-production-lines-as-xpengs-humanoid-robot-manufacturing-facility-is-officially-commissioned-302871836.html
- https://cnevpost.com/2026/09/08/xpeng-opens-iron-humanoid-robot-production-line/
- https://electrek.co/2026/09/07/xpeng-iron-humanoid-robot-production-line/