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Agrivoltaïsme : la fédération FFPA se dissout, symptôme d'une filière sous tension réglementaire

Le bureau de la Fédération française des producteurs agrivoltaïques (FFPA) a annoncé le 14 septembre sa dissolution dans un courrier adressé à ses adhérents, évoquant des difficultés qu'il « aurait préféré ne jamais avoir à écrire ». L'organisation, qui revendiquait 256 adhérents pour 3 500 agriculteurs partenaires, avait déjà perdu sa présidente Audrey Juillac fin juin, sur fond de dissensions stratégiques. Ce naufrage survient alors que le secteur solaire agricole navigue depuis deux ans entre un décret d'application contesté jusqu'au Conseil d'État et la menace d'un coup de frein budgétaire dans la future programmation énergétique. Une organisation professionnelle de moins, au moment où les règles du jeu restent les plus incertaines pour les porteurs de projets.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Grand building reflected in a calm pool of water
PolitiquePhoto d'illustration : Zoshua Colah /Unsplash

Dans un courrier adressé le 14 septembre à ses adhérents et délégués, le bureau de la Fédération française des producteurs agrivoltaïques (FFPA) a annoncé la dissolution de l'organisation, révélée par le média spécialisé GreenUnivers. La fédération, qui rassemblait selon son propre décompte 256 adhérents représentant environ 3 500 agriculteurs engagés ou intéressés par des projets d'agrivoltaïsme, disparaît ainsi après avoir été l'une des voix professionnelles les plus actives du secteur solaire agricole français, notamment dans les débats autour du décret d'application de 2024.

Il y a des messages que l'on aurait évidemment préféré ne jamais avoir à écrire.

Une gouvernance fragilisée depuis l'été

La dissolution ne survient pas de nulle part. Dès juillet, GreenUnivers rapportait, sur la base de plusieurs sources internes et externes à l'association, une situation budgétaire alarmante et un conseil d'administration affaibli par une vague de départs. Sa présidente, Audrey Juillac, pourtant réélue en novembre 2025 à l'issue d'un renouvellement complet du conseil, avait démissionné fin juin, dans un climat de désaccords stratégiques sur la ligne à tenir face à un secteur des énergies renouvelables marqué par l'instabilité politico-réglementaire et la révision à la baisse des objectifs de développement.

Jusqu'à cette crise, la FFPA n'était pourtant pas une structure en retrait : elle s'était publiquement opposée au projet de décret gouvernemental sur l'agrivoltaïsme, avait publié un baromètre annuel sur les freins perçus par les agriculteurs, et s'était retirée en 2025 d'un groupe de travail Afnor sur le label « agrivoltaïsme d'élevage », dénonçant un « manque de transparence » dans son élaboration. Cette activité soutenue jusqu'à une période récente rend le décrochage financier et humain de l'organisation d'autant plus brutal aux yeux des acteurs du secteur.

Un cadre réglementaire toujours disputé

Sur le plan juridique, le cadre que la FFPA contestait vient pourtant d'être confirmé. Le décret du 8 avril 2024, qui conditionne l'implantation de panneaux photovoltaïques sur terrains agricoles à un apport réel à la production agricole (amélioration agronomique, adaptation climatique, protection contre les aléas ou bien-être animal), faisait l'objet d'un recours de la Confédération paysanne, qui lui reprochait notamment l'absence de critères chiffrés pour définir une atteinte « substantielle » aux activités agricoles. Le Conseil d'État a rejeté ce recours le 16 mars 2026, jugeant que le texte fournissait un cadre suffisamment explicite pour une appréciation au cas par cas par les autorités compétentes.

Mais la sécurité juridique ne dissipe pas l'incertitude économique. Les scénarios R1 et R2 présentés par RTE dans les travaux préparatoires à la future programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) prévoient un rythme de développement photovoltaïque très inférieur aux quelque 6 GW installés annuellement ces dernières années, ce qui gèlerait de fait une bonne partie des projets agrivoltaïques après 2030. L'organisation France Agrivoltaïsme — distincte de la FFPA, et toujours active — a qualifié ces scénarios de « moratoire déguisé », mettant en avant une filière solaire et agrivoltaïque qui emploierait près de 100 000 personnes et une dizaine de gigawatts de projets en instruction.

La disparition de la FFPA ne signe donc pas l'arrêt du dialogue entre la filière agrivoltaïque et les pouvoirs publics, porté aussi par France Agrivoltaïsme, mais elle prive le secteur d'une organisation qui s'était positionnée sur des sujets plus spécifiquement agricoles, comme la normalisation des pratiques d'élevage sous panneaux. Pour les exploitants et développeurs déjà confrontés à des délais d'instruction longs et à une trajectoire budgétaire encore débattue à Bruxelles comme à Paris, c'est un repère professionnel de moins, au moment où la clarté des règles du jeu conditionne directement la capacité du secteur à tenir ses objectifs de 2030.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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