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À Düsseldorf, la borne de recharge disparaît dans la bordure du trottoir

L'industriel allemand Rheinmetall a lancé en 2025 le déploiement en série de son «Curb Charger», un module de recharge intégré à la bordure de trottoir, sur la Derendorfer Allee à Düsseldorf. Le dispositif remplace une bordure en béton par un point de charge en courant alternatif jusqu'à 22 kW, accessible via une trappe et un câble apporté par l'usager. Il fait suite à un essai d'un an mené à Cologne avec la ville et l'opérateur TankE : quatre unités, plus de 2 800 sessions de charge et une disponibilité technique supérieure à 99 %. Facturé moins de 10 000 euros pièce, il cible les rues denses où poser une borne classique rogne l'espace piéton. Un créneau que partagent la plupart des centres urbains français et européens.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Cars lined up on a sunny day
DesignPhoto d'illustration : Spencer Plouzek /Unsplash

Sur la Derendorfer Allee, à Düsseldorf, plusieurs voitures électriques se rechargent le long du trottoir sans qu'aucune borne ne soit visible. Le point de charge est logé dans la bordure elle-même : là où une pierre de rive en béton délimite habituellement la chaussée, un module métallique de la même forme abrite toute l'électronique. Une trappe escamotable donne accès à une prise de Type 2 ; l'automobiliste branche son propre câble, s'identifie par badge RFID, QR code ou application de l'opérateur, puis repart. Une fois la voiture partie, il ne reste quasiment rien à voir. Ces unités, installées à partir de 2025, sont les premiers exemplaires de série du «Curb Charger» développé par le groupe industriel allemand Rheinmetall.

Le problème auquel ce format répond est le même dans la plupart des grandes villes européennes : une part importante des habitants stationne sur la voie publique, sans garage ni prise privée, et ne peut donc pas recharger la nuit à domicile. Multiplier les bornes sur pied résout l'accès à l'énergie mais crée un autre encombrement — poteaux, coffrets, câbles au sol — sur des trottoirs souvent déjà étroits, et se heurte fréquemment aux règles des secteurs patrimoniaux. L'idée de Rheinmetall consiste à ne pas ajouter de mobilier urbain du tout, mais à faire porter la fonction par un élément de voirie qui existe déjà.

Une bordure de trottoir transformée en point de charge

Le module mesure environ un mètre de long, 25 centimètres de haut et 12 à 15 centimètres de large, dimensions calées sur celles d'une bordure standard qu'il vient remplacer. Le boîtier, en acier et aluminium, est certifié IP68 (étanche à la poussière et à l'immersion) et embarque un système de chauffage et de refroidissement pour fonctionner toute l'année, un capteur de niveau d'eau associé à un dispositif différentiel, ainsi qu'une protection contre les surtensions. La connectivité est assurée par un modem 4G et une liaison Ethernet, avec le protocole de communication OCPP 1.6 et des mises à jour logicielles à distance.

Côté performances, le Curb Charger délivre jusqu'à 22 kW en courant alternatif triphasé (400 V, 32 A), la vitesse réelle dépendant du chargeur embarqué de chaque véhicule. Sur l'essai grandeur nature, une session a représenté en moyenne près de 19 kWh, soit de l'ordre de 120 kilomètres d'autonomie récupérés. On est donc sur une recharge d'appoint ou de nuit, pensée pour un stationnement de plusieurs heures, et non sur une solution de charge rapide.

Un an d'essai documenté à Cologne

Avant Düsseldorf, la technologie a été éprouvée pendant un an à Cologne, dans le quartier de Lindenthal, à partir d'avril 2024. Quatre bornes-bordures ont été installées sur deux emplacements de voirie, en partenariat avec la ville et l'opérateur d'infrastructure TankE. Rheinmetall fait état de plus de 2 800 cycles de charge sur la période — une moyenne supérieure à deux par jour et par point —, d'une disponibilité technique de plus de 99 % par tous les temps, et de plus de 50 MWh d'énergie distribuée au total. Entre août 2024 et mars 2025, une centaine d'usagers ont été interrogés : ils ont attribué au dispositif une note de 4,38 sur 5, les retours les plus positifs venant des participants de plus de 60 ans, sensibles à l'absence d'obstacle et à la facilité de stationnement.

À l'issue de ce pilote, l'entreprise a annoncé le passage en production de série, les quatre bornes de Cologne basculant en exploitation régulière. Le prix unitaire est annoncé sous la barre des 10 000 euros. Rheinmetall met aussi en avant un concept de «bordure creuse» pré-installée, sans électronique, qui permet d'équiper une rue à l'avance pour n'ajouter le module de charge que plus tard, au rythme de la demande. D'autres villes allemandes et des projets pilotes à l'international sont annoncés.

Ce que cela pourrait changer pour les villes françaises

Pour la France, où le déploiement de la recharge de voirie repose surtout sur des bornes sur pied et, plus marginalement, sur des points intégrés aux lampadaires, cette approche «invisible» ouvre une piste pour les rues contraintes et les centres anciens. Elle soulève aussi des questions concrètes : la faible visibilité du point de charge, que Rheinmetall entend compenser par un marquage au sol et le référencement dans les applications cartographiques ; l'articulation avec les concessions et les opérateurs déjà en place ; et la robustesse dans la durée face au passage des engins de voirie et au nettoyage. Le déploiement en conditions réelles à Düsseldorf, et les prochaines villes annoncées, diront si le format tient la promesse d'une recharge urbaine qui s'efface dans le paysage.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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