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Canicule et réseau électrique : les salariés de RTE alertent sur la fragilité de 550 appareils haute tension

Le 23 juin 2026, deux transformateurs de mesure ont explosé au poste électrique de Squividan, dans le Finistère, privant 119 000 foyers d'électricité en pleine canicule. Six jours plus tard, les représentants du personnel de maintenance de RTE ont exercé leur droit d'alerte, pointant un parc de 550 appareils similaires installés entre 1970 et 2000 et jamais conçus pour des chaleurs aussi soutenues. L'incident relance la question de l'adaptation du réseau électrique français aux vagues de chaleur répétées, alors que RTE dit miser sur un plan d'investissement de 24 milliards d'euros d'ici 2040.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a car is parked in a parking lot
ÉnergiePhoto d'illustration : Dima Solomin /Unsplash

Dans la nuit du 23 au 24 juin 2026, deux transformateurs de mesure du poste électrique de Squividan, dans le Finistère, ont explosé coup sur coup en pleine canicule. L'incident, survenu sur une installation de 225 000 volts, a plongé 119 000 foyers dans le noir et conduit à l'évacuation par précaution de neuf habitations riveraines. Aucun blessé n'a été signalé, mais l'ampleur de la coupure, en plein pic de chaleur, a suffi à alarmer les équipes de maintenance de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français.

Un mécanisme thermique bien identifié

Les transformateurs concernés, des transformateurs de tension utilisés pour mesurer et surveiller le courant, ne sont pas conçus pour encaisser des températures extrêmes de façon prolongée. Le phénomène a été détaillé par Francis Casanova, délégué syndical central CGT de RTE, qui suit le dossier depuis plusieurs semaines.

Ce qu'il se passe, c'est que la chaleur crée de la condensation au niveau de la tête de l'appareil, ce qui affecte l'isolant électrique et qui peut créer un arc électrique qui fait exploser l'appareil.

Selon les représentants du personnel, les appareils installés à Squividan datent d'une génération d'équipements posés entre 1970 et 2000, à une époque où le réseau n'avait pas à absorber des vagues de chaleur aussi fréquentes ni aussi soutenues que celles observées ces dernières années. Le dimensionnement d'origine ne prévoyait pas des températures dépassant durablement les 35°C au niveau des postes.

Face à ce constat, les représentants du personnel de maintenance de RTE, qui couvrent environ 4 000 des 10 000 salariés de l'entreprise, ont exercé leur droit d'alerte le 29 juin lors d'un comité social et économique (CSE) extraordinaire. Ce dispositif, prévu par le droit du travail français, permet à des représentants du personnel de signaler formellement une situation jugée dangereuse et d'obtenir une réponse motivée de la direction. Dans leur déclaration, ils dénoncent une « fragilisation des conditions de sûreté » de certaines installations du réseau.

550 appareils potentiellement exposés

Les syndicats évaluent à environ 550 le nombre d'appareils de ce type toujours en service sur l'ensemble du réseau français, susceptibles de subir le même type de défaillance lors des prochaines canicules. Leurs demandes sont précises : établir une cartographie complète des équipements sensibles à la chaleur, définir un périmètre de sécurité autour des installations les plus à risque, et engager le remplacement ou la mise hors tension des appareils identifiés comme fragiles.

Interrogée sur le sujet, la direction de RTE affirme n'avoir enregistré aucun incident ayant affecté la sécurité des personnes ou du réseau, et met en avant son plan d'investissement de 24 milliards d'euros programmé d'ici 2040 pour moderniser les infrastructures de transport d'électricité. Les représentants syndicaux estiment toutefois qu'au rythme actuel, les 550 appareils sensibles ne pourront pas tous être remplacés avant plusieurs années.

L'épisode illustre un enjeu plus large pour la transition énergétique française : au-delà de la production d'électricité bas carbone, la résilience physique du réseau de transport face à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes devient un chantier d'ingénierie à part entière. Cartographier le vieillissement du parc, prioriser les zones les plus exposées à la chaleur et accélérer certains remplacements ciblés sont désormais des étapes aussi nécessaires que le déploiement de nouvelles capacités de production pour garantir un réseau fiable dans les décennies à venir.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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