ATMO-INDEX
224 ARTICLES PUBLIÉS660 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 133 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 24 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER224 ARTICLES PUBLIÉS660 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 133 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 24 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Présidentielle 2027 : les 27 propositions du SER pour miser sur la demande d'électricité

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a présenté « EnR2027 », 27 propositions destinées aux candidats à l'élection présidentielle de 2027. Au cœur du texte : faire monter l'usage de l'électricité produite en France plutôt que d'ajouter seulement des capacités. Parmi les mesures, un « bouclier énergétique universel » financé par le futur marché carbone européen, un fonds d'épargne dédié à la transition et des procédures simplifiées. La filière veut faire de l'énergie un sujet de souveraineté et de pouvoir d'achat au moment où le soutien public à l'éolien et au solaire faiblit.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
••Lecture: 5 min
Partager
XINWA
transmission towers and wind turbines on the field
PolitiquePhoto d'illustration : American Public Power Association /Unsplash

À quelques mois de la campagne présidentielle, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a publié son cahier de propositions, présenté par son président Jules Nyssen sous le titre « EnR2027 – Les énergies renouvelables font campagne ». Le SER insiste : ce n'est pas un programme électoral au sens partisan. Il s'agit de 27 mesures proposées aux candidats et au débat public, construites autour de quatre objectifs : la souveraineté, le pouvoir d'achat, la compétitivité et la réindustrialisation.

Le contexte explique le changement d'angle. Le système électrique français est déjà très largement décarboné, mais le pays dépend encore des combustibles fossiles importés pour environ 60 % de sa consommation finale d'énergie. Dans le même temps, la consommation d'électricité ne progresse pas au rythme prévu, et l'éolien et le solaire ont perdu une partie de leur soutien politique. La filière ne demande donc plus seulement de nouveaux parcs. Elle veut aussi que l'électricité produite soit consommée, en remplaçant le pétrole et le gaz dans les transports, le chauffage et l'industrie.

Consommer au bon moment plutôt que produire toujours plus

Plusieurs mesures portent sur la flexibilité. Le SER propose d'inciter les ménages et les entreprises à décaler une partie de leur consommation vers les heures où l'électricité est abondante : recharge des véhicules électriques, chauffe-eau, électroménager. Ces heures correspondent de plus en plus aux pics de production solaire, et l'idée est de dépasser le simple découpage heures pleines / heures creuses. Le syndicat propose aussi de faire du parc HLM un « tampon énergétique ». Les bailleurs sociaux signeraient des contrats d'achat d'électricité renouvelable de long terme et installeraient du photovoltaïque sur les toitures et les parkings.

Côté industrie, le SER demande d'exonérer partiellement ou totalement d'accise l'électricité achetée par contrat de long terme (PPA), via une loi de finances. L'objectif est de rendre plus intéressant, pour les industriels, l'achat direct d'électricité renouvelable auprès de producteurs.

Un bouclier énergétique financé par le marché carbone européen

Pour les ménages, la mesure principale est un « bouclier énergétique universel ». Il regrouperait les aides existantes et futures à la transition, de MaPrimeRénov' au leasing social pour les voitures électriques. Selon la présentation du syndicat, il plafonnerait les dépenses d'énergie des foyers éligibles à 10 % de leurs revenus mensuels. Le financement viendrait en partie des recettes du second marché carbone européen (ETS 2), qui couvrira le chauffage des bâtiments et le transport routier. Le SER estime ces recettes à environ 13 milliards d'euros sur 2026-2032.

Le texte propose aussi un « fonds de transition énergétique » alimenté par l'épargne des Français, qui pourrait être complété par 5 à 10 milliards d'euros issus de l'épargne réglementée. Pour la chaleur renouvelable, le syndicat demande un « plan chaleur et froid » adossé à un fonds pluriannuel, afin de mettre fin aux arrêts et redémarrages du Fonds chaleur. En mer, il demande d'adapter la taxe éolienne maritime pour que les communes littorales et les comités des pêches perçoivent aussi des revenus des parcs de l'appel d'offres n°10, aujourd'hui exclus du dispositif.

Visibilité à 2050, simplification et « Made in Europe »

Sur la production, le SER demande une programmation de long terme jusqu'en 2050, qui regrouperait l'ensemble des dispositifs de soutien au déploiement des renouvelables. Les industriels y verraient plus clair pour planifier leurs investissements. Le syndicat souhaite aussi simplifier les procédures d'autorisation et renforcer la préférence européenne pour les équipements stratégiques (panneaux solaires, onduleurs, batteries, éoliennes), avec davantage d'exigences de cybersécurité.

Pour appuyer ces demandes, le SER met en avant ses propres chiffres. Selon lui, la filière représentait en 2024 environ 427 000 emplois directs et indirects, dont 78 000 dans le solaire, et 2,172 milliards d'euros de fiscalité locale. Il estime aussi que les capacités installées entre 2020 et 2025 ont fait baisser les prix de marché d'environ 20 €/MWh, soit près de 8 milliards d'euros d'économies pour les consommateurs en 2025. Ces chiffres viennent de la filière elle-même, et c'est aux candidats et au débat public qu'il reviendra de les examiner.

Le SER n'est pas seul à se positionner. Plusieurs organisations du secteur de l'énergie, dont France Renouvelables et la FEDENE, ont publié leurs propres propositions ces dernières semaines, avec le même accent sur l'électrification des usages. Reste à savoir quelle place les candidats donneront à l'énergie dans leurs programmes.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Quiz du jour

Dans la même rubrique

A rural road leads through a village in the mountains
PolitiquePhoto d'illustration : ONUR KURT / Unsplash

Territoires d'électrification : 109 laboratoires locaux pour sortir du gaz et du fioul d'ici 2030

Le dispositif gouvernemental des « territoires d'électrification » entre dans sa phase opérationnelle. Les 109 lauréats couvrent 6 676 communes et près d'un Français sur quatre. Ils ont jusqu'au 1er décembre pour arrêter une feuille de route pluriannuelle avec le préfet et l'ADEME. Selon GreenUnivers, un comité spécial consacré à la sortie du gaz est prévu, un sujet particulièrement sensible pour les six métropoles qui s'engagent à fermer des branches de leur réseau gazier.

Rédaction AtmoGreen Studio
24 sept. 2026
Black and white wind turbines stand on a hill
PolitiquePhoto d'illustration : Jose Manuel Esp / Unsplash

Éolien d'Aumelas : EDF Renouvelables relaxé en appel, le droit des espèces protégées en question

La cour d'appel de Montpellier a relaxé le 22 septembre EDF Renouvelables, neuf de ses filiales et son ancien dirigeant Bruno Bensasson, condamnés en avril 2025 pour la destruction de faucons crécerellettes par le parc éolien d'Aumelas (Hérault). Le jugement de première instance avait prononcé 2,5 millions d'euros d'amendes cumulées et l'arrêt des 31 éoliennes pendant la nidification. Selon l'association plaignante, la cour a estimé que l'absence de mise en demeure du préfet couvrait l'exploitant. France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée annonce un pourvoi en cassation, qui pourrait clarifier les obligations de toute la filière.

Rédaction AtmoGreen Studio
23 sept. 2026
a rack of servers in a server room
PolitiquePhoto d'illustration : Kevin Ache / Unsplash

Data centers : Bruxelles dévoile une étiquette énergie-eau de A à G pour les sites de plus de 500 kW

La Commission européenne a adopté le 21 septembre 2026 un règlement délégué qui crée un système commun de notation de la durabilité des data centers. Tous les sites d'au moins 500 kW de puissance informatique recevront une étiquette de A à G, fondée principalement sur leur efficacité énergétique (PUE) et hydrique (WUE), complétée par des indicateurs sur la récupération de chaleur, les énergies renouvelables et la flexibilité réseau. Les premières étiquettes sont attendues en 2027. Pour la France et l'Europe, qui veulent tripler leur capacité de calcul dans les prochaines années, c'est un premier outil pour comparer publiquement les installations.

Rédaction AtmoGreen Studio
23 sept. 2026