Territoires d'électrification : 109 laboratoires locaux pour sortir du gaz et du fioul d'ici 2030
Le dispositif gouvernemental des « territoires d'électrification » entre dans sa phase opérationnelle. Les 109 lauréats couvrent 6 676 communes et près d'un Français sur quatre. Ils ont jusqu'au 1er décembre pour arrêter une feuille de route pluriannuelle avec le préfet et l'ADEME. Selon GreenUnivers, un comité spécial consacré à la sortie du gaz est prévu, un sujet particulièrement sensible pour les six métropoles qui s'engagent à fermer des branches de leur réseau gazier.
Annoncés en avril dans le cadre du plan gouvernemental d'électrification des usages, les « territoires d'électrification » ont maintenant leurs lauréats. La liste a été publiée le 11 septembre 2026 : 109 territoires ont été retenus sur près de 200 candidatures, examinées par les préfets et le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE). L'appel à candidatures devait initialement en retenir 100. Le lancement officiel du dispositif est attendu dans les prochains jours, et GreenUnivers indique qu'un comité spécial sera consacré à la question la plus délicate du programme : la sortie du gaz.
Le plan présenté le 10 avril 2026 poursuit un objectif clair : réduire la dépendance de la France aux combustibles fossiles importés en leur substituant progressivement une électricité décarbonée produite sur le territoire national. Les territoires d'électrification servent de terrain d'expérimentation à cette stratégie. Ils doivent montrer, à l'échelle d'une commune, d'une intercommunalité ou d'une métropole, comment accélérer concrètement le basculement des usages.
Une géographie surtout rurale
Les lauréats regroupent 6 676 communes et environ un quart de la population française. Contrairement à l'image d'une transition réservée aux grandes villes, 87 % de ces communes sont rurales ou situées dans des territoires à habitat dispersé ou très dispersé. Or c'est justement là que le chauffage au fioul reste le plus répandu et que la dépendance à la voiture est la plus forte. Toutes les régions sont représentées. Auvergne-Rhône-Alpes arrive en tête avec 17 territoires, devant la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie (13 chacune), puis la Bourgogne-Franche-Comté (10) et le Grand Est (9). L'outre-mer est aussi concerné, avec un territoire chacun en Guyane, en Martinique et à La Réunion, ainsi qu'un en Corse.
Chaque territoire doit agir sur quatre axes : sortir du gaz, sortir du fioul, électrifier les mobilités et soutenir l'électrification des autres activités économiques (agriculture, artisanat, industrie). Concrètement, les projets peuvent porter sur le remplacement des chaudières fossiles dans les bâtiments publics et les logements, le déploiement de bornes de recharge, la conversion de flottes de véhicules ou l'accompagnement d'artisans et d'industriels vers des procédés électriques.
Le décommissionnement du réseau gazier, chantier le plus sensible
L'axe gaz est le plus nouveau et le plus complexe. Six métropoles lauréates (Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble) s'engagent à décommissionner des branches de leur réseau public de distribution de gaz. Planifier la fermeture d'une infrastructure encore utilisée par des ménages et des entreprises soulève des questions techniques, juridiques et sociales : calendrier des conversions, solutions de remplacement pour chaque abonné, avenir des concessions et des actifs des gestionnaires de réseau. D'après GreenUnivers, c'est pour traiter ces questions qu'un comité spécial est en préparation. Sa composition et son mandat précis n'ont pas encore été rendus publics.
D'ici au 1er décembre 2026, chaque territoire doit élaborer avec le préfet, l'ADEME et ses partenaires une feuille de route pluriannuelle. Celle-ci fixera les objectifs, les jalons annuels, les moyens humains mobilisés et les mesures d'accompagnement attendues. Les feuilles de route doivent être signées en fin d'année, pour une mise en œuvre à partir de fin 2026 et un accompagnement prévu jusqu'en 2030. L'ADEME coordonne l'accompagnement au niveau local, sous le pilotage des préfets. Des relais de proximité comme France Services, France Rénov' et La Poste y sont associés.
La question du financement reste ouverte
Le dispositif ne s'accompagne pas d'une enveloppe dédiée. Les financements reposent surtout sur les certificats d'économies d'énergie (CEE), avec un accès prioritaire des lauréats aux dispositifs existants, comme le programme Advenir pour les bornes de recharge. Maire-Info relève que le contexte budgétaire pèse sur les collectivités : le programme Actee, qui finance la rénovation énergétique des bâtiments publics, a été prolongé d'un an, jusqu'à fin 2027, mais avec un périmètre réduit. Une nouvelle phase (Actee4, 2027-2030) dotée de 315 millions d'euros est prévue. La deuxième phase du plan national d'électrification doit être présentée en octobre. Elle indiquera si les feuilles de route locales pourront s'appuyer sur des moyens à la hauteur de leurs ambitions, en particulier pour la sortie du gaz, qui marque un vrai changement de paradigme pour les réseaux énergétiques français.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.