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Valeco-EnBW lance en Haute-Vienne l'un des plus grands chantiers agrivoltaïques de France

Valeco, filiale française du groupe allemand EnBW, a entamé en août 2026 la construction d'une centrale solaire en milieu agricole d'environ 118 MW sur 160 hectares en Haute-Vienne. Par sa taille, le projet figure parmi les plus importants de France dans l'agrivoltaïsme et se rapproche des grands parcs au sol classiques. L'installation sera raccordée au réseau de transport d'électricité, cas rare pour ce type d'ouvrage, et intégrera une unité de stockage par batteries de 25 MW. EnBW porte seul l'investissement, estimé autour de 150 millions d'euros, pour une mise en service visée en 2027.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Valeco
ÉnergieImage : Valeco

Le développeur d'énergies renouvelables Valeco, filiale française du groupe allemand EnBW, a lancé courant août 2026 en Haute-Vienne la construction d'une centrale solaire en milieu agricole d'environ 118 MW, déployée sur près de 160 hectares, selon les informations de GreenUnivers. Par son gabarit, l'installation figure parmi les plus vastes du pays dans cette catégorie, à un moment où l'agrivoltaïsme s'impose comme le principal relais de croissance du solaire français. Fait notable, Valeco finance le chantier à 100 % sur ses fonds propres, sans recours à un financement de projet adossé à la dette.

Un changement d'échelle pour le solaire agricole français

Depuis la loi d'accélération des énergies renouvelables de mars 2023 et le décret d'avril 2024 qui en précise la définition, l'agrivoltaïsme désigne une installation qui apporte un service démontré à une production agricole maintenue et significative, avec une exigence de réversibilité. La plupart des centrales agrivoltaïques autorisées en France pèsent quelques dizaines de mégawatts. Un projet unique de plus de 100 MW sur 160 hectares se rapproche des grands parcs photovoltaïques au sol classiques et pose, à cette échelle, la question de la cohabitation réelle entre panneaux et activité agricole. Valeco revendique de l'ordre de 900 MW à 1 GW en exploitation toutes filières confondues et vise 3 GW en 2032, dont environ deux tiers en solaire ; le groupe a déjà obtenu quatre autorisations agrivoltaïques représentant près de 200 MWc.

La particularité technique du site tient à son raccordement. L'ouvrage sera relié au réseau de transport d'électricité, exploité par RTE, et non au réseau de distribution auquel Valeco raccorde habituellement ses parcs. Le producteur doit donc tirer lui-même les câbles et installer un poste de transformation sous la ligne à haute tension. Une unité de stockage par batteries de 25 MW est prévue sur place pour lisser la production et la restituer en dehors des heures d'ensoleillement, ce qui explique la mention d'une électricité « stockable » avancée par GreenUnivers.

C'est un projet cumulant de nouveaux sujets pour nous. Nous devons nous-mêmes tirer les câbles et installer un transformateur sous la ligne de réseau, ce que nous ne faisons jamais. Nous devrons aussi y installer une unité de stockage de 25 MW, qui complique encore les choses.

Un investissement porté directement par EnBW

D'après Le Journal des Entreprises, qui citait Sébastien Appy, directeur opérationnel de Valeco, le projet de Haute-Vienne nécessite à lui seul une enveloppe d'environ 150 millions d'euros, prise en charge par EnBW. Elle est distincte des 230 millions d'euros que l'énergéticien allemand a par ailleurs engagés d'ici 2026 pour neuf autres parcs, essentiellement éoliens, répartis dans les Ardennes, le Tarn, la Mayenne, la Bretagne, la Haute-Marne, le Centre et les Hauts-de-France. Les premières communications de l'entreprise évoquaient une puissance de 135 MW et une mise en service en 2027 ; l'écart avec les 118 MW rapportés au lancement du chantier tient vraisemblablement à l'ajustement du dimensionnement entre l'autorisation obtenue et la phase de réalisation.

Un chantier de cette taille ne se déroule pas sans friction. Dans la région, plusieurs projets agrivoltaïques de moindre ampleur, en Haute-Vienne comme dans la Vienne voisine, ont suscité l'opposition de riverains et de conseils municipaux inquiets de voir des terres cultivables recouvertes de panneaux. La crédibilité d'un ouvrage industriel reposera donc sur la démonstration d'une activité agricole tangible sous les modules, le plus souvent de l'élevage, et non sur un simple habillage réglementaire. Valeco conduit depuis fin 2024, avec l'Institut de l'élevage et la chambre d'agriculture de la Vienne, un démonstrateur d'agrivoltaïsme bovin destiné à mesurer l'effet des panneaux sur le comportement des animaux et la production de fourrage.

Si le calendrier est tenu, la centrale de Haute-Vienne produira l'équivalent de la consommation de plusieurs dizaines de milliers de foyers et servira de cas d'école pour la faisabilité de l'agrivoltaïsme à l'échelle industrielle en France. L'enjeu dépasse ce seul site : la filière solaire cherche des surfaces pour poursuivre sa croissance sans entrer en concurrence frontale avec la production alimentaire, et les projets de grande taille couplés à du stockage sont l'une des pistes privilégiées pour y parvenir.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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