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Recharge des poids lourds : Vinci, Épopée Gestion et l'Ademe mobilisent 90 millions d'euros

Vinci Concessions, la société de gestion Épopée Gestion et Ademe Investissement, l'outil public de financement en fonds propres détenu à 100 % par l'État, s'associent pour financer un réseau de stations de recharge à très haute puissance destiné aux camions électriques. Les 90 millions d'euros engagés, complétés par des subventions européennes du programme CEF-AFIF, doivent permettre de déployer une vingtaine de stations, majoritairement en France sur les grands nœuds routiers, puis en Espagne et en Allemagne. Équipées de bornes au standard mégawatt (MCS), elles doivent restituer l'équivalent de 4 h 30 d'autonomie en moins de 45 minutes, soit la durée d'une pause réglementaire de conducteur. La première station doit ouvrir à Vierzon, dans le Cher, à l'automne 2026, et sera exploitée par Voltix, la marque de Vinci Concessions dédiée à la recharge des poids lourds.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a blue truck with a door open
ÉnergiePhoto d'illustration : Netze BW /Unsplash

L'électrification du transport routier de marchandises bute sur un blocage devenu classique : les transporteurs hésitent à commander des camions électriques, deux à trois fois plus chers que leurs équivalents diesel, tant qu'ils ne disposent pas d'un réseau de recharge fiable sur leurs itinéraires ; les investisseurs, de leur côté, attendent de voir circuler les camions avant de financer les bornes. C'est cet enchaînement que veulent rompre Vinci Concessions, la société de gestion bretonne Épopée Gestion et Ademe Investissement, en réunissant 90 millions d'euros pour bâtir les premières stations de recharge à très haute puissance dédiées aux poids lourds en France et en Europe.

Le tour de table associe trois profils complémentaires. Vinci Concessions pilote le projet et apporte son savoir-faire d'exploitant d'infrastructures via Voltix, la marque qu'il a créée en 2023 pour la recharge des camions électriques. Épopée Gestion intervient comme investisseur à ancrage territorial. Ademe Investissement, société de financement en fonds propres détenue à 100 % par l'État et adossée à l'Agence de la transition écologique, apporte de l'argent public et contribue à sécuriser le risque d'un marché encore émergent. Les 90 millions d'euros seront complétés par des subventions européennes issues du mécanisme pour l'interconnexion en Europe (volet CEF-AFIF, consacré aux carburants alternatifs). L'ensemble doit financer une vingtaine de stations, soit un investissement de l'ordre de 4,5 millions d'euros par site.

Une recharge calée sur la pause réglementaire du conducteur

Les stations seront équipées de bornes au standard MCS (Megawatt Charging System), qui délivrent une puissance de l'ordre du mégawatt, très au-delà des bornes rapides pour voitures. L'objectif affiché est de redonner à un camion l'équivalent de 4 h 30 d'autonomie en moins de 45 minutes. Cette durée n'est pas choisie au hasard : elle correspond à la pause obligatoire qu'un conducteur routier doit observer après 4 h 30 de conduite. La recharge se fait donc pendant un arrêt de toute façon imposé par la réglementation sociale, sans allonger la durée totale du trajet, ce qui lève l'une des principales objections des transporteurs longue distance à l'électrique.

Voltix assurera l'ensemble de la chaîne : recherche des terrains, ingénierie, choix et installation des technologies de recharge, puis exploitation et maintenance des stations. La filiale de Vinci Concessions n'en est pas à son premier engagement dans ce domaine : elle a remporté un appel d'offres portant sur des stations en Allemagne et participe à un consortium européen avec l'énergéticien E.ON et l'opérateur GreenWay, soutenu par environ 70 millions d'euros de fonds européens, pour installer plusieurs centaines de points de charge MCS d'ici 2028 dans une dizaine de pays.

Un cadre réglementaire européen qui accélère le calendrier

L'initiative s'inscrit dans un cadre normatif de plus en plus contraignant. Les normes CO2 de l'Union européenne applicables aux véhicules lourds imposent aux constructeurs une réduction de 90 % des émissions moyennes de leurs flottes de camions neufs d'ici 2040, avec des jalons intermédiaires dès 2030 ; à terme, la vente de poids lourds thermiques classiques deviendra marginale. En parallèle, le règlement européen sur les infrastructures pour carburants alternatifs (AFIR) oblige les États membres à déployer des points de recharge pour poids lourds le long des grands axes du réseau transeuropéen. Le transport routier assure environ 90 % du fret intérieur français et pèse pour une part importante des émissions du secteur des transports, ce qui fait de sa décarbonation un enjeu central pour les objectifs climatiques nationaux.

La première station doit être mise en service à Vierzon, dans le Cher, à l'automne 2026, à un carrefour autoroutier reliant les axes vers Paris, Bordeaux, Lyon et Clermont-Ferrand. La majorité des sites suivants seront implantés en France sur des nœuds routiers stratégiques, avant une extension vers l'Espagne et l'Allemagne pour amorcer un corridor de recharge à l'échelle continentale. Le parc de camions électriques en circulation reste aujourd'hui très limité en France, mais la mise en place d'une infrastructure publique visible constitue précisément le signal qu'attendent les transporteurs pour engager le renouvellement de leurs flottes.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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