Dacia généralise Starkle, son plastique recyclé non peint, sur ses best-sellers européens
Chez Dacia, la philosophie "design-to-cost" ne se limite pas à mutualiser des pièces d'un modèle à l'autre : elle s'appuie aussi sur Starkle, un composite plastique intégrant jusqu'à 20 % de matière recyclée, utilisé brut, sans peinture. Développé avec le chimiste LyondellBasell et déployé depuis le Duster, ce matériau équipe désormais aussi les Sandero Stepway et Jogger, parmi les voitures les plus vendues en France. Le directeur du design de la marque, David Durand, revendique une approche pragmatique plutôt qu'un argument marketing environnemental.
Derrière l'expression "design-to-cost", souvent réduite à un argument commercial pour justifier des tarifs serrés, se cache chez Dacia une méthode de conception assumée : chaque pièce visible ou touchée par le client est pensée pour maximiser sa valeur perçue, tandis que les surfaces invisibles ou les technologies superflues sont écartées. David Durand, directeur du design de la marque depuis 2022, explique que cette contrainte budgétaire structurelle - la marque revendique un avantage de coût de structure d'environ 15 % par rapport au marché - agit moins comme un frein créatif que comme un cadre qui oblige à trancher entre l'essentiel et l'accessoire.
Starkle, le plastique recyclé qui ne se peint pas
L'illustration la plus concrète de cette philosophie est un matériau développé en interne par les ingénieurs Dacia : Starkle. Ce composite plastique intègre jusqu'à 20 % de matière recyclée - du polypropylène issu du recyclage mécanique de déchets post-industriels, notamment des résidus d'emballages souples - selon les précisions apportées par LyondellBasell, le chimiste avec lequel Dacia a formalisé un partenariat annoncé en septembre 2024 pour équiper le tout nouveau Duster. Le procédé de fabrication incorpore les particules recyclées directement dans la masse du plastique, ce qui produit un effet moucheté visible à la surface plutôt que de le dissimuler.
La particularité de Starkle ne tient pas qu'à sa composition : le matériau est utilisé brut, sans aucune couche de peinture. Cette absence de peinture réduit l'empreinte carbone de fabrication de la pièce - une étape de peinture étant énergivore et généralement le poste le plus polluant du traitement d'un composant plastique automobile - tout en apportant un bénéfice tangible pour l'utilisateur : une meilleure résistance visuelle aux petites rayures du quotidien, puisqu'aucune couche de finition ne peut s'écailler.
On ne fait pas de greenwashing.
Cette citation de David Durand, recueillie par le site Automobile Propre, résume la ligne de communication de la marque sur le sujet : Starkle n'est pas présenté comme une solution qui rendrait la voiture neutre en carbone, mais comme un choix industriel pragmatique qui sert à la fois la réduction des coûts, la durabilité perçue par le client et une part de recyclage réelle, sans promesse disproportionnée.
Du Duster aux modèles les plus vendus en France
Sur le Duster, Starkle habille les boucliers latéraux inférieurs, les protections de passage de roue, les logos et certains éléments du bouclier avant et du hayon. Le matériau a ensuite été étendu aux Sandero Stepway et Jogger, où il équipe les passages de roue, le bas de caisse et le pourtour des antibrouillards - trois modèles qui comptent parmi les véhicules les plus immatriculés en France ces dernières années. Cette diffusion à grande échelle distingue la démarche de Dacia de nombreuses initiatives "matériaux durables" du secteur automobile, souvent cantonnées à des séries limitées ou à des modèles électriques premium produits en faibles volumes.
La même logique de sobriété se retrouve ailleurs dans la conception du véhicule : les poignées de porte, rétroviseurs ou capots sont mutualisés entre plusieurs modèles pour éviter de multiplier les moules d'injection, coûteux à produire et à amortir. Les feux utilisent des guides de lumière en plexiglas pilotés par une carte électronique unique plutôt que des technologies laser ou OLED plus complexes, et les éléments en plastique brillant sont obtenus par un moule poli façon miroir avec gravures internes, ce qui évite une opération de peinture supplémentaire.
Pris isolément, aucun de ces choix ne constitue une rupture technologique. Mais leur addition dessine une approche où la réduction de matière peinte, la mutualisation des composants et l'intégration de plastique recyclé convergent vers le même objectif : contenir les coûts de production sans reporter cette contrainte sur l'aspect ou la durabilité perçue du véhicule. Pour un marché français où Dacia figure régulièrement parmi les marques les plus vendues, cette diffusion à grande échelle d'un matériau partiellement recyclé pèse potentiellement plus, en volume de plastique évité, qu'une innovation plus spectaculaire réservée à quelques milliers d'exemplaires haut de gamme.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.