ATMO-INDEX
192 ARTICLES PUBLIÉS566 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 114 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 15 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER192 ARTICLES PUBLIÉS566 SOURCES PRIMAIRES CITÉESÉNERGIE EN TÊTE : 114 ARTICLESDERNIÈRE SYNTHÈSE : 15 septembreSYNTHÈSE HEBDO CHAQUE DIMANCHE — S'ABONNER

Flexibilité électrique : pourquoi la capacité à réagir vite devient un actif financier

Le rapport 2026 de la Commission de régulation de l'énergie confirme que l'essor des renouvelables a fait baisser les prix de gros d'environ 20 €/MWh entre 2020 et 2025, mais au prix d'une volatilité inédite : 513 heures à prix négatif l'an dernier, contre moins de 200 en moyenne dans les années 2010. Dans ce système qui oscille, la flexibilité — effacement industriel, batteries, pilotage de la demande — cesse d'être un service d'appoint pour devenir une source de revenus à part entière. La France vise 25 GW de capacités flexibles en 2030 et doit encore en trouver près de 9. Des acteurs comme Energy Pool, pionnier français de l'effacement depuis 2009, structurent déjà cette valeur sur les marchés de l'ajustement, des réserves et de la capacité.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
Lecture: 5 min
Partager
XINWA
silhouette of electric post during sunset
ÉnergiePhoto d'illustration : Andrey Metelev /Unsplash

L'ajout de capacités renouvelables à un réseau électrique tire les prix de gros vers le bas : la Commission de régulation de l'énergie (CRE) l'a chiffré dans son rapport 2026 sur l'économie du système électrique français, estimant à environ 20 €/MWh la baisse des prix de marché imputable au parc éolien et solaire installé entre 2020 et 2025, par rapport à un scénario figé au parc de 2020. Mais ce gain moyen ne dit pas tout. Il s'accompagne d'une déformation profonde de la courbe des prix, qui redistribue la valeur du système vers un paramètre longtemps secondaire : la capacité à effacer, décaler ou injecter de l'électricité au bon moment. C'est le point que défend Energy Pool dans une analyse publiée par GreenUnivers, et que confirme, à sa manière, le régulateur.

Des prix qui s'écartent de plus en plus

Les chiffres du rapport de la CRE illustrent l'ampleur du phénomène. En 2025, le marché spot français a compté 513 heures à prix négatif, contre 179 en moyenne annuelle sur la période 2010-2020. Dans le même temps, les heures au-dessus de 100 €/MWh ont bondi à 1 807, contre une moyenne de 606. Le mécanisme est connu : lorsque la production variable dépasse la consommation pilotable, les prix plongent, parfois sous zéro pour inciter à réduire l'injection ; lorsque le vent et le soleil manquent aux heures de pointe, ils s'envolent. Cette amplitude croissante complique l'équilibre économique des centrales pilotables, mais elle crée aussi, symétriquement, une rémunération pour tout moyen capable de suivre ces oscillations.

La CRE en tire une conclusion nuancée. Le développement des renouvelables reste, selon elle, pertinent pour le consommateur — le surcoût système associé n'augmente que d'environ 5 %. Mais au-delà d'une capacité additionnelle de l'ordre de 30 GW, soit la moitié du parc actuel, et à consommation stable, l'effet sur les prix deviendrait inférieur au coût complet supporté par la collectivité (soutien public, raccordement, flexibilité). D'où la recommandation centrale du rapport : accélérer l'électrification des usages et travailler la « temporalité » de l'offre et de la demande, plutôt que de miser sur le seul volume de production décarbonée.

De service d'appoint à ligne de revenus

La flexibilité recouvre des réalités variées : effacement de consommation industrielle ou tertiaire, batteries stationnaires, pilotage de la recharge des véhicules électriques, modulation de procédés énergivores comme l'électrolyse. Son modèle économique repose sur l'empilement de plusieurs marchés : le mécanisme d'ajustement de RTE, les réserves de fréquence, le mécanisme de capacité, et l'arbitrage sur le marché spot. Energy Pool, créé en 2009 au Bourget-du-Lac en Savoie et longtemps adossé à Schneider Electric, agrège ainsi les flexibilités de sites industriels et de producteurs renouvelables pour les valoriser en continu sur ces différents guichets. L'entreprise supervise plusieurs gigawatts de capacités modulables et se présente comme l'un des pionniers de l'effacement en France.

La flexibilité électrique devient un véritable levier de performance et de valorisation pour les producteurs d'énergie.

Le cadre réglementaire évolue vite dans le même sens. Le marché infrajournalier est passé au pas de temps de 15 minutes depuis le 1er octobre 2025, ce qui affine la valeur des ajustements rapides. Depuis le 1er avril 2026, les installations sous obligation d'achat de plus de 10 MW doivent réduire ou arrêter leur production pendant les heures de prix spot négatifs. Et la loi de finances pour 2025 acte une réforme de la gouvernance : le passage progressif à un modèle d'acheteur unique, dans lequel RTE contractualisera directement avec les exploitants de capacités de production, de stockage et d'effacement.

Un objectif de 25 GW en 2030

La trajectoire française fixe un objectif de 25 GW de capacités de flexibilité — offre et demande confondues — en 2030, et 35 GW en 2035. Le besoin en flexibilités décarbonées pour l'équilibre hivernal est évalué autour de 12,5 à 14 GW à l'horizon 2030 ; les moyens historiques (hydraulique, nucléaire, thermique) n'en couvrent qu'environ 5 GW. Il reste donc au moins 9 GW à mobiliser via de nouveaux actifs : batteries, effacement diffus, électrolyseurs pilotables, gestion active de la recharge. C'est l'un des principaux chantiers ouverts par la programmation pluriannuelle de l'énergie.

La dynamique dépasse le cas français. Partout en Europe, la montée des renouvelables variables et le couplage des marchés produisent la même déformation des prix, et les régulateurs nationaux comme l'Agence de l'Union européenne pour la coopération des régulateurs de l'énergie (ACER) placent la flexibilité au cœur de leurs feuilles de route. Concrètement, la valeur se déplace : d'une logique centrée sur le mégawattheure produit vers une logique centrée sur la capacité à le déplacer dans le temps. Pour un industriel ou un producteur renouvelable, la flexibilité devient une ligne de recettes ; pour le consommateur particulier, elle prend la forme d'offres à tarification dynamique et de pilotage automatisé des équipements.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

Dans la même rubrique

four Duracell batteries
ÉnergiePhoto d'illustration : Claudio Schwarz / Unsplash

Batterie solide : BYD promet une première voiture dès 2027, mais pas pour vous

Lors d'un entretien accordé à un média espagnol en marge d'un événement à Valence, la vice-présidente de BYD Stella Li a confirmé qu'un premier modèle du groupe chinois embarquerait une batterie à électrolyte solide dès 2027. Le hic : il ne s'agira que d'une flotte de démonstration d'environ 1 000 véhicules, réservée aux marques haut de gamme Yangwang et Denza, avant une production de masse annoncée pour 2030. L'annonce n'en relance pas moins une course technologique où Toyota, Samsung SDI, mais aussi les Européens Stellantis (avec Factorial) et Mercedes-Benz, avancent sur des calendriers comparables.

Rédaction AtmoGreen Studio
15 sept. 2026
XPENG
ÉnergieImage : XPENG

Xpeng P7+ : la berline électrique chinoise arrive en France, fabriquée en Autriche

Le constructeur chinois Xpeng a entamé les livraisons de sa berline P7+ en France début juin 2026, à partir de 45 990 € pour la version d'entrée de gamme. Contrairement à la plupart des modèles chinois vendus en Europe, cette architecture 800 V à recharge ultra-rapide est assemblée localement chez Magna Steyr, en Autriche, ce qui lui permet de contourner en partie les droits de douane européens sur les véhicules électriques importés de Chine. Positionnée face à la Tesla Model S et à la Volkswagen ID.7, elle illustre la stratégie d'implantation industrielle durable que plusieurs marques chinoises testent désormais sur le marché européen.

Rédaction AtmoGreen Studio
15 sept. 2026
windmills on grass field at daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Zbynek Burival / Unsplash

Sorégies rejoint Tenergie et Envinergy au capital de Next Step Energy, la pépite des petites STEP

L'énergéticien Sorégies, distributeur historique de la Vienne, entre au capital de Next Step Energy (NSE), aux côtés des cofondateurs Tenergie et Envinergy. Créée en 2022, NSE développe des stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) de taille intermédiaire, une technologie de stockage hydraulique quasiment abandonnée en France depuis les années 1980. L'opération s'inscrit dans le plan stratégique Sorégies 2030 et intervient juste après le feu vert de la Commission de régulation de l'énergie pour la construction, à Ajaccio, de la première STEP neuve en France depuis quarante ans. Elle illustre le regain d'intérêt pour le stockage hydraulique comme outil de flexibilité face à la part croissante des renouvelables intermittentes sur le réseau.

Rédaction AtmoGreen Studio
15 sept. 2026