Foton débarque en France avec quatre utilitaires et camions 100 % électriques
Le constructeur chinois Foton, filiale de BAIC, présente au Mondial de l'Auto 2026 une gamme électrique allant du fourgon Cavan C1 au camion e-Auman de 18 tonnes. Distribuée par Otokar Europe, elle est annoncée pour le premier trimestre 2027, sans prix ni réseau de concessionnaires encore arrêtés. Les autonomies, de 170 à 320 km WLTP selon les modèles, placent le constructeur en retrait sur certains concurrents européens. Foton prévoit toutefois une production européenne à l'horizon 2028.
Pour sa première participation au Mondial de l'Auto de Paris (12-18 octobre 2026), Foton ne vient pas les mains vides. Le constructeur chinois, filiale de BAIC fondée à Pékin en 1996, annonce l'arrivée en France de quatre véhicules utilitaires et industriels entièrement électriques, du fourgon au porteur de 18 tonnes. Il revendique 21 années comme premier vendeur d'utilitaires en Chine et 13 millions de véhicules livrés dans le monde.
Foton est présent en Europe depuis environ cinq ans, dans près de vingt marchés dont l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne, pour quelque 10 000 véhicules vendus au total. « Nous avons commencé par l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne. Maintenant, nous pensons être prêts pour le marché français », explique Shuang Wu, de Foton Europe. Le groupe a produit environ 650 000 véhicules l'an dernier, dont plus de 100 000 électriques, selon Otokar.
Une gamme du fourgon au 18 tonnes
Le fourgon Cavan C1, vendu en France sous le nom Foton Cavan, est issu de la marque Cavan créée en 2024 avec Bosch, SinoHytec et BAIC Capital. Il existe en trois versions (C1, C1 Plus, C1 Max) offrant de 6,6 à 8,4 m³ de volume utile et jusqu'à 1 200 kg de charge utile. Sa batterie LFP fournie par CATL est de 50,23 kWh, ou 66,67 kWh en option sur les versions longues, pour 240 à 320 km d'autonomie WLTP. La charge rapide de 20 à 80 % prend 35 minutes. Il embarque une prise V2L pour alimenter des outils et des aides à la conduite de niveau 2+, avec une garantie batterie de huit ans ou 500 000 km.
Côté poids lourds, l'e-Aumark de 7,5 tonnes, cœur de cible pour la distribution urbaine et régionale, emporte une batterie de 100,46 kWh pour 180 km WLTP et jusqu'à 10 palettes Europe. L'e-Miler de 4,25 tonnes annonce 63,75 kWh et 170 km. Au sommet, l'e-Auman existe en 16 tonnes (247 kWh, 240 km) et en 18 tonnes (282 kWh, 260 km, 380 kW de puissance, 11 tonnes de charge utile environ). Aucune donnée de recharge n'a été publiée pour ces deux derniers.
Un positionnement à prouver face aux européens
Les chiffres de Foton restent en retrait de certains rivaux. Le Ford E-Transit Custom atteint jusqu'à 337 km avec 74 kWh, tandis que le futur Renault Trafic E-Tech vise 350 à 450 km WLTP. Pour les camions, Renault Trucks propose jusqu'à 400 kWh de batteries sur son D 16 t. L'argument de Foton devra donc passer par le prix, qui n'a pas encore été communiqué et qui doit l'être « rapidement ».
La distribution sera assurée par Otokar Europe, basée à Roissy-en-France, filiale du turc Otokar (groupe Koç), connu en France pour ses bus et cars. Partenaire de Foton depuis 2013, il reconnaît son manque d'expérience dans le poids lourd, par la voix de Denis Toublanc : « On a une expérience dans le bus et le car, on n'a pas une expérience en poids lourd. » Aucun accord avec des concessionnaires n'est signé. Le plan vise sept régions représentant environ 70 % du marché, en s'appuyant sur des distributeurs de véhicules utilitaires, dont certains sont déjà points de service pour autocars.
Calendrier : lancement début 2027, production européenne ensuite
Le lancement commercial est visé pour le premier trimestre 2027, le fourgon pouvant suivre un calendrier distinct. Des camions diesel de 8,5 à 15 tonnes seront aussi proposés en complément, même si l'électrique doit représenter l'essentiel des volumes. Aucun tracteur routier n'est prévu pour l'instant en France.
Foton cherche par ailleurs des sites de production en Europe, avec un objectif de fabrication locale en 2028, voire plus tôt, puis de toute la gamme à terme. Une implantation européenne répondrait aux enjeux de droits de douane sur les véhicules électriques chinois et de proximité du service après-vente. Pour les flottes françaises, soumises aux obligations de verdissement et aux zones à faibles émissions, l'arrivée d'une offre supplémentaire pourrait accroître la concurrence sur les prix de l'utilitaire électrique.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.