Flexibilité : Voltalis et Siemens veulent mobiliser les bâtiments tertiaires
Voltalis et Siemens poursuivent leur alliance pour ouvrir la flexibilité électrique aux bâtiments tertiaires de petite et moyenne taille, un gisement encore peu exploité en France. Le partenariat relie la plateforme Building X de Siemens à celle de Voltalis pour automatiser les échanges entre le réseau et les bâtiments. Annoncé fin septembre 2025, il visait une offre pour les clients de Siemens à partir de 2026, avec l'ambition de connecter à terme des milliers de sites. L'enjeu : contribuer aux près de 10 GW de flexibilité dont la France aura besoin d'ici 2030.
Le tertiaire représente à lui seul plus de 30 % de la consommation d'énergie en France, selon un constat de RTE fin 2024, et pourtant ses bâtiments de taille moyenne restent largement à l'écart des mécanismes de flexibilité. C'est ce gisement que Voltalis, spécialiste français de l'effacement de consommation, cherche à exploiter avec Siemens, comme le rapporte GreenUnivers le 14 octobre 2026. Les détails de la nouvelle offre commerciale ne sont pas publics à ce stade.
Un partenariat né à l'automne 2025
L'alliance a été officialisée le 30 septembre 2025 par Siemens Smart Infrastructure et Voltalis, lors du salon Intelligent Building Systems. Son principe : rendre la flexibilité énergétique accessible aux bâtiments tertiaires, en particulier ceux de petite et moyenne taille, sans travaux de construction.
Concrètement, la plateforme Building X de Siemens, qui pilote les systèmes techniques des bâtiments, est reliée à la plateforme de flexibilité de Voltalis par une interface numérique. Celle-ci automatise les échanges entre les opérateurs de flexibilité et les bâtiments, afin que ces derniers puissent ajuster leur consommation électrique aux besoins du réseau. La solution est conçue pour être compatible avec le label FlexReady, qui atteste qu'un bâtiment est capable de moduler sa consommation.
Pourquoi la flexibilité devient stratégique
La France doit faire émerger près de 10 GW de flexibilité d'ici 2030 pour accompagner la hausse de la production renouvelable et l'électrification des usages. Moduler la demande aux heures de tension, plutôt que de construire de nouvelles capacités de pointe, est l'une des voies les moins coûteuses et les moins émettrices de CO2.
Pour les occupants, l'intérêt est double selon le communiqué : réduire leur consommation pendant les périodes de prix élevés et contribuer à l'équilibre du réseau. Voltalis, qui valorise la capacité d'effacement de ses sites sur les marchés de l'électricité, a déjà fait de ce modèle sa spécialité dans le résidentiel et propose depuis 2022 une offre dédiée aux locaux tertiaires.
Le calendrier et l'ambition annoncés
Selon le communiqué, des projets pilotes devaient d'abord permettre de définir le modèle commercial le plus adapté, avec une offre pour les clients de Siemens à partir de 2026. L'ambition à long terme est de connecter des milliers de bâtiments tertiaires de 1 000 à 10 000 m². Le PDG de Voltalis, Mathieu Bineau, estime que ce partenariat pourrait mobiliser rapidement plusieurs GW de flexibilité, une ambition propre à l'entreprise et distincte du besoin national de 10 GW.
Le décret BACS comme moteur réglementaire
Le projet s'appuie aussi sur le décret BACS, qui impose l'installation de systèmes d'automatisation et de contrôle des bâtiments. Plus de 300 000 petits bâtiments tertiaires français en sont aujourd'hui majoritairement dépourvus, et la filière, soutenue par RTE et le Gimelec, vise l'équipement de 100 000 d'entre eux d'ici 2030. Chaque bâtiment équipé devient un candidat naturel à la flexibilité.
Offrir à nos clients des services à haute valeur ajoutée. — Doris Birkhofer, présidente de Siemens France
Reste à voir à quel rythme l'offre commerciale se déploiera et sous quelles conditions financières, points que les sources publiques consultées ne détaillent pas. Le test se jouera sur la capacité à convaincre des gestionnaires de petits sites, souvent peu outillés, d'ouvrir leur consommation au pilotage externe.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.