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Budget 2027 : la filière renouvelable prête à laisser taxer le stockage pour alléger l'électricité

Le syndicat France renouvelables a dévoilé 16 propositions pour la présidentielle de 2027 et compte peser sur le projet de loi de finances déposé le 30 septembre. Son directeur général, Jérémie Almosni, veut « tester l'appétence » des parlementaires sur deux mesures fiscales « qui ont déjà circulé », toutes deux destinées à alléger la fiscalité de l'électricité. Fait notable, la filière n'exclut pas d'accepter en contrepartie une nouvelle taxe sur le stockage par batteries, alors que la France ne compte encore qu'environ 2 GW en service. Un arbitrage à haut risque pour un marché naissant que le syndicat veut porter à 10 GW en 2030 et 15 GW en 2035.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Rows of batteries with red and blue terminals
PolitiquePhoto d'illustration : Vanya Smythe /Unsplash

En présentant ses seize propositions pour l'élection présidentielle de 2027, le syndicat France renouvelables — qui représente les producteurs d'électricité renouvelable et les acteurs du stockage — a aussi précisé sa stratégie pour le budget de l'État. Son directeur général, Jérémie Almosni, a indiqué que l'organisation allait « tester l'appétence » des parlementaires sur deux mesures fiscales « qui ont déjà circulé » lors des discussions budgétaires précédentes. Toutes deux visent le même objectif : réduire le poids de la fiscalité sur l'électricité. Et pour y parvenir, la filière se dit prête à une concession inhabituelle : ne pas s'opposer par principe à l'instauration d'une taxe spécifique sur les installations de stockage.

Alléger l'accise, quitte à taxer les batteries

La cible principale est l'accise sur l'électricité, l'ancienne CSPE devenue TICFE, fixée à 30,62 euros par MWh depuis le 1er août 2026 et présente sur chaque facture. Cette taxe finance notamment le soutien public aux énergies renouvelables, dont le coût atteindra 14,2 milliards d'euros en 2027 selon la Commission de régulation de l'énergie, dont 10,67 milliards portés par le budget de l'État. Les producteurs jugent l'électricité française, largement décarbonée par le nucléaire et les renouvelables, désavantagée par une fiscalité plus lourde que celle du gaz, majoritairement importé. Le budget 2026 n'a permis ni le rapprochement des deux fiscalités ni la baisse espérée de l'accise ; France renouvelables veut remettre le sujet sur la table, quitte à offrir un gage aux parlementaires soucieux de compenser toute perte de recettes.

Ce gage prendrait la forme d'un prélèvement sur le stockage, aujourd'hui largement épargné par la fiscalité de réseau. La loi de finances pour 2026 a déjà programmé un quasi-doublement de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER) applicable aux centrales photovoltaïques mises en service avant 2021, portée d'environ 8,5 à 16 euros par kilowatt. Étendre une logique comparable aux batteries de grande capacité rapporterait des recettes aux collectivités, mais viendrait renchérir un maillon encore embryonnaire : la France ne comptait qu'environ 2 GW de batteries en service à la mi-2026, contre plus de 100 GW à l'échelle européenne. Le calcul de la filière est donc politique autant qu'économique : accepter une taxe circonscrite pour débloquer une baisse de fiscalité de bien plus grande ampleur sur l'électricité.

Un plan « France stockage » et des objectifs chiffrés

En parallèle de ce jeu budgétaire, France renouvelables réclame un véritable plan « France stockage » structuré autour de trois piliers : fixer des objectifs nationaux clairs en puissance (GW) et en énergie (GWh), réformer le mécanisme de capacité pour offrir aux investisseurs une visibilité économique sur quinze ans, et soutenir les projets hybrides associant production renouvelable et stockage. Le syndicat vise 10 GW de batteries en 2030 et 15 GW en 2035, contre les 2 GW actuels, et estime que le stockage reste un angle mort de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3). Les batteries, fait-il valoir, limitent les épisodes de prix négatifs sur le marché de gros et offrent une alternative aux centrales à gaz de pointe.

L'électrification comme fil conducteur

Les seize propositions du syndicat dépassent la seule fiscalité. Leur objectif commun : diviser par deux la part des énergies fossiles importées dans la consommation française, d'environ 60 % aujourd'hui à 30 % en 2035. France renouvelables propose pour cela une « programmation pluriannuelle de l'électrification » (PPELEC), un Conseil national de l'électrification chargé de fixer des cibles par secteur, et un « pacte industrie-électricité » offrant des tarifs de long terme aux sites industriels. Le texte avance aussi des trajectoires de production pour 2035 : 300 TWh d'électricité renouvelable, 45 GW d'éolien terrestre, 15 GW d'éolien en mer et 80 GWc de solaire photovoltaïque. Le syndicat chiffre le gain à environ 900 millions d'euros d'économies annuelles sur la facture d'électricité et 500 millions d'euros d'importations de gaz évitées, et table sur 175 000 emplois dans la filière en 2035, contre plus de 90 000 aujourd'hui.

Le rendez-vous du PLF 2027

Le calendrier est serré. Le gouvernement doit déposer le projet de loi de finances pour 2027 à l'Assemblée nationale le 30 septembre, pour un examen de la partie recettes à la mi-octobre. Dans une chambre sans majorité, les mesures fiscales touchant l'énergie ont été largement réécrites par amendements lors des deux derniers budgets, ce qui rend l'issue incertaine. La démarche de France renouvelables marque toutefois une inflexion : plutôt que de s'opposer frontalement à toute nouvelle taxe, la filière renouvelable tente désormais d'orienter la négociation en mettant elle-même une contrepartie sur la table. Reste à voir si des parlementaires se saisiront de l'idée d'une taxe sur le stockage, et à quel niveau elle serait fixée.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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