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Hydrogène : Hy24 rachète la participation d'Uniper dans le gazoduc OPAL

Le fonds parisien Hy24 va racheter à l'énergéticien allemand Uniper sa participation de 20 % dans le gazoduc OPAL, une artère de 470 km reliant l'Allemagne à la République tchèque en cours de conversion à l'hydrogène. L'opération, réalisée via le Clean Hydrogen Infrastructure Fund de Hy24, s'inscrit dans la mise en place du réseau allemand de dorsale hydrogène et dans les cessions imposées à Uniper par Bruxelles depuis son sauvetage financier de 2022. Elle illustre la montée en puissance du capital privé dans les infrastructures de décarbonation en Europe, tout juste soutenue par la nouvelle loi allemande d'accélération de l'hydrogène.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a train traveling over a bridge over a river
ÉnergiePhoto d'illustration : Christian Lendl /Unsplash

Le fonds d'investissement parisien Hy24, spécialiste mondial des infrastructures hydrogène, a signé un accord pour racheter à l'énergéticien allemand Uniper l'intégralité des parts de Lubmin-Brandov Assets GmbH & Co. KG, la société qui détient une participation de 20 % dans le gazoduc OPAL. Les 80 % restants demeurent entre les mains de l'opérateur allemand GASCADE Gastransport GmbH. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué par les parties.

Une artère de 470 km en pleine mutation

OPAL relie sur environ 470 kilomètres la ville de Lubmin, sur la côte baltique allemande, à Brandov, à la frontière tchèque. Historiquement dédié au transport de gaz naturel en provenance de la mer Baltique, ce corridor fait partie des tronçons prioritaires retenus pour la conversion à l'hydrogène dans le cadre du Wasserstoff-Kernnetz, le futur réseau allemand de dorsale hydrogène d'environ 9 000 kilomètres censé relier les grands bassins industriels, les sites de stockage et les centrales électriques du pays. La section nord d'OPAL a déjà basculé au transport d'hydrogène à la mi-décembre 2025 ; la conversion de la section sud est prévue d'ici la fin de la décennie, à l'horizon 2030.

L'acquisition sera portée par le Clean Hydrogen Infrastructure Fund de Hy24, le véhicule que la société de gestion a lancé pour investir dans les actifs physiques de la chaîne de valeur hydrogène — production, transport, stockage. Hy24 avait déjà pris pied dans les infrastructures allemandes de mobilité hydrogène par le passé, notamment aux côtés d'Air Liquide, TotalEnergies, Daimler Truck ou Linde dans le réseau de stations H2 Mobility ; l'opération sur OPAL marque une montée en gamme vers les infrastructures de transport à grande échelle, plus proches d'un modèle d'utilité publique que d'un réseau de distribution.

Une cession imposée par Bruxelles

Côté vendeur, cette cession n'est pas un choix purement stratégique : elle découle des mesures structurelles imposées à Uniper par la Commission européenne en contrepartie de l'approbation, le 20 décembre 2022, du plan de sauvetage financier de plusieurs milliards d'euros accordé par l'État allemand à l'énergéticien pendant la crise du gaz russe. Bruxelles avait conditionné cette aide d'État à une série de cessions d'actifs destinées à limiter les distorsions de concurrence, dont la participation d'Uniper dans OPAL fait partie. L'opération doit encore être validée par les autorités de la concurrence compétentes avant sa clôture définitive.

Pour Hy24, l'argument stratégique dépasse le seul dossier Uniper. « Renforcer l'accès de l'Europe à l'énergie et ses interconnexions est primordial », a déclaré Pierre-Étienne Franc, directeur général de Hy24, cité dans le communiqué annonçant la transaction, ajoutant que « le capital privé est prêt à accélérer les infrastructures de décarbonation en Europe ».

Renforcer l'accès de l'Europe à l'énergie et ses interconnexions est primordial. Le capital privé est prêt à accélérer les infrastructures de décarbonisation en Europe.

Le contexte réglementaire allemand

L'opération intervient quelques mois après l'adoption, le 26 février 2026, du Wasserstoffbeschleunigungsgesetz, la loi allemande d'accélération de l'hydrogène, entrée en vigueur début avril. Le texte classe le développement des infrastructures hydrogène — production, importation, stockage et transport, électrolyseurs compris — comme relevant d'un « intérêt public prépondérant », ce qui doit simplifier et numériser les procédures d'autorisation sur l'ensemble de la chaîne de valeur. C'est ce cadre législatif, combiné à la construction du réseau de dorsale nationale, qui a conduit Hy24 à observer que l'Allemagne « se positionne au cœur du système hydrogène européen », selon les propos rapportés par GreenUnivers.

Pour un lecteur français ou européen, l'intérêt de ce dossier dépasse le seul cas allemand : il illustre une bascule progressive du financement des infrastructures énergétiques stratégiques vers des acteurs privés spécialisés, alors que les États post-crise énergétique (Uniper, sauvé par Berlin en 2022, en est l'exemple le plus visible) doivent céder des actifs jugés systémiques. La France, elle aussi engagée dans la construction d'un réseau de dorsale hydrogène via le projet européen porté par GRTgaz et ses homologues, observe de près la manière dont l'Allemagne structure juridiquement et financièrement la conversion de ses gazoducs existants — un modèle potentiellement réplicable plutôt que de construire un réseau entièrement neuf.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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