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Meslina : la menuiserie bois traditionnelle rattrape les normes thermiques actuelles

Le Groupe Lorillard présente à Batimat sa gamme Meslina, une menuiserie bois reproduisant l'assemblage traditionnel « à mouton et gueule de loup », emblématique des XVIIIe et XIXe siècles. Conçue pour les chantiers de rénovation du patrimoine, elle associe fidélité architecturale et performance énergétique moderne : coefficient thermique Uw inférieur à 1,6 W/m².K et facteur solaire Sw supérieur à 0,36, grâce à un double vitrage isolant argon et des intercalaires « Warm Edge ». Fabriquée sur mesure par l'atelier Meslin, implanté à La Haye (Manche) depuis 1961, cette gamme illustre une tension centrale de la rénovation énergétique française : concilier les exigences des Architectes des Bâtiments de France et les objectifs de sobriété thermique du bâti ancien.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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XINWA
a person cutting a piece of wood
MatériauxPhoto d'illustration : Craft Kitties /Unsplash

Rénover une fenêtre du XVIIIe siècle sans trahir son dessin d'origine, tout en la faisant passer sous la barre des performances thermiques exigées aujourd'hui : c'est l'équation que le Groupe Lorillard met en avant avec sa gamme Meslina, présentée sur son stand bois (Hall 4, G020) au salon Batimat. Le nom du produit renvoie directement à l'assemblage qu'il reproduit, dit « à mouton et gueule de loup », une technique de menuiserie apparue au XVIIIe siècle et généralisée au XIXe, où les montants et traverses s'emboîtent par un profil mouluré complémentaire plutôt que par une simple feuillure droite.

Cette signature d'assemblage est aujourd'hui recherchée précisément parce qu'elle est devenue rare : sur les chantiers situés en secteur sauvegardé, aux abords de monuments historiques ou dans le périmètre d'un site classé, les Architectes des Bâtiments de France (ABF) peuvent exiger une reproduction fidèle du dessin d'origine des menuiseries, jusqu'au profil des moulures. Peu d'ateliers en France savent encore tailler ce type d'assemblage à la main ou sur mesure — c'est ce savoir-faire que le Groupe Lorillard met en avant via sa marque Meslin.

Faire entrer le vitrage moderne dans un cadre du XIXe siècle

La difficulté n'est pas seulement esthétique. Une menuiserie fidèle à l'original doit aussi répondre aux réglementations thermiques actuelles, en particulier lorsque la rénovation est financée ou accompagnée par des aides à la rénovation énergétique. Selon les caractéristiques communiquées par Lorillard pour l'exemplaire exposé à Batimat, la gamme Meslina intègre un double vitrage isolant de type 4/18 argon + 4 Arthem, avec un intercalaire « Warm Edge » noir (moins conducteur thermiquement qu'un intercalaire aluminium classique) et un double joint d'étanchéité. Résultat annoncé : un coefficient de transmission thermique Uw inférieur à 1,6 W/m².K et un facteur solaire Sw supérieur à 0,36 — soit une performance qui limite les déperditions de chaleur tout en laissant entrer une part significative des apports solaires gratuits en hiver.

Concrètement, cela signifie que l'épaisseur du vitrage et la section des profils bois doivent être recalculées pour se loger dans un dormant dont les proportions extérieures restent, elles, imposées par le dessin patrimonial d'origine — un exercice d'ingénierie plus contraint que la conception d'une fenêtre neuve standard, où les dimensions du cadre peuvent être adaptées librement aux performances visées.

Meslin, l'atelier du Groupe Lorillard qui fabrique cette gamme, est implanté à La Haye, dans la Manche, où l'entreprise produit environ 6 000 menuiseries par an au sein d'un atelier de 80 salariés au total. Fondée en 1961, elle travaille le bois, l'aluminium et le PVC, et revendique des certifications qualité incluant Qualimarine, Qualicoat et le label verrier CEKAL, utiles pour les marchés publics de restauration de bâtiments classés.

Le segment de la rénovation de menuiseries en bâti ancien reste un marché de niche comparé à la fenêtre PVC de grande série, mais il est structurellement amené à croître : le parc de logements antérieurs à 1948 représente plusieurs millions de logements en France, et une part significative se situe en zone à protection patrimoniale, où le remplacement par une fenêtre PVC standard est souvent refusé par l'ABF. Les menuiseries comme Meslina offrent une alternative homologuée pour ces chantiers, sans recourir à une dérogation esthétique.

Le Groupe Lorillard n'a pas communiqué de calendrier de disponibilité généralisée ni de fourchette tarifaire pour la gamme Meslina au-delà de sa présentation à Batimat ; les menuiseries de ce type restent fabriquées sur mesure, projet par projet, ce qui rend une tarification standard peu pertinente pour ce segment du marché.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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