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À Bayard-sur-Marne, PAM Building électrifie ses fours pour décarboner la fonte

Le fondeur de canalisations en fonte PAM Building entre en phase d'exécution du projet Fornax : le remplacement de son cubilot au coke par deux fours électriques à induction sur son site de Bayard-sur-Marne (Haute-Marne). Lauréat de l'appel à projets France 2030 « Décarbonation de l'industrie », le chantier représente un investissement de 15,5 millions d'euros, dont 5,5 millions de soutien public, pour une mise en service visée fin 2027. À terme, l'électrification doit réduire de 60 % les émissions de CO2 du site et de 85 % celles du seul procédé de fusion par rapport à 2017.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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two men in a factory working on a piece of metal
MatériauxPhoto d'illustration : Provincial Archives of Alberta /Unsplash

À Bayard-sur-Marne, en Haute-Marne, la fonderie existe depuis le XVIe siècle et a longtemps porté la marque Pont-à-Mousson puis Saint-Gobain. Depuis novembre 2024, le site appartient à PAM Building, devenue une entreprise indépendante après son rachat par le fonds Aldebaran et Bpifrance. C'est dans ce contexte de nouvelle gouvernance que l'entreprise engage désormais la transformation la plus lourde de son outil industriel depuis des décennies : remplacer le cubilot, ce four vertical chauffé au coke qui fond la ferraille depuis l'ère industrielle, par une installation entièrement électrique.

Baptisé Fornax, le projet prévoit l'installation de deux fours à induction électriques d'environ 6 MW chacun, capables de porter la ferraille recyclée à 1 400 °C, complétés par un four de maintien en température qui assure la continuité de la coulée. Cette architecture rompt avec un procédé thermique alimenté en combustible fossile pour basculer sur un chauffage par courants induits, une technologie déjà répandue dans d'autres secteurs métallurgiques mais rarement déployée à cette échelle dans la fonte de bâtiment en France.

Une facture électrique multipliée par quatre

Le basculement n'est pas neutre pour le bilan énergétique du site : la consommation électrique de l'usine devrait être multipliée par environ quatre une fois les nouveaux fours en service, alors que la consommation de coke, elle, doit disparaître intégralement du procédé de fusion. Les équipements ont déjà été commandés et la première coulée sur le nouveau dispositif est visée pour la fin de l'année 2027, ce qui laisse à PAM Building un peu plus d'un an pour finaliser les travaux de génie civil et la mise en service progressive. Le projet ne devrait pas créer d'emplois supplémentaires, mais implique la montée en compétences des équipes actuelles sur la conduite, la maintenance et la sécurité des installations électriques, très différentes de celles d'un cubilot traditionnel.

Sur le plan des émissions, PAM Building avance des objectifs précis : une baisse de 60 % du CO2 émis sur l'ensemble du site de Bayard-sur-Marne, et jusqu'à 85 % pour le seul procédé de fusion, par rapport à la référence de 2017. L'entreprise indique avoir déjà réduit ses émissions de 23 % entre 2017 et 2024 grâce à des mesures d'efficacité plus incrémentales, et vise une baisse de 80 % à l'échelle du groupe d'ici 2030 — un objectif dont l'électrification du site français constitue le principal levier.

Le financement du projet s'élève à 15,5 millions d'euros, dont 5,5 millions apportés par l'État dans le cadre de France 2030, via l'appel à projets « Décarbonation de l'industrie » (Décarb Ind) piloté par l'ADEME, dont PAM Building fait partie des lauréats. Le solde est porté par l'entreprise elle-même et ses actionnaires, Aldebaran et Bpifrance, qui avaient déjà fait de la modernisation industrielle un argument de leur reprise du site auprès de Saint-Gobain.

PAM Building emploie environ 200 personnes à Bayard-sur-Marne, où l'entreprise produit des canalisations et raccords en fonte grise pour l'évacuation des eaux dans le bâtiment, avec un million de tuyaux et environ 25 000 tonnes de fonte coulée chaque année. Le site travaille déjà à partir de ferraille recyclée à 99 % et exporte vers une cinquantaine de pays, aux côtés d'un second site de production à Telford, au Royaume-Uni. L'entreprise a par ailleurs développé récemment une gamme de tuyaux allégés de 25 %, qui réduit d'autant la quantité de matière première nécessaire à chaque pièce produite.

Au-delà du cas industriel isolé, Fornax illustre une tendance plus large soutenue par France 2030 : décarboner les procédés à très haute température de l'industrie lourde française — sidérurgie, fonderie, cimenterie — en substituant l'électricité, largement décarbonée sur le réseau français, aux combustibles fossiles historiques. Pour une filière fonderie souvent présentée comme menacée par la concurrence internationale, ce type de projet est aussi mis en avant par ses porteurs comme une démonstration qu'un site centenaire peut moderniser son outil sans délocaliser sa production.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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