Solaire au sol : l'appel d'offres de la CRE s'annonce saturé avant ses résultats d'octobre
Les résultats de la 9e période de l'appel d'offres « PPE2 PV Sol », qui porte sur 925 MWc de centrales solaires au sol, sont attendus début octobre. Selon plusieurs sources du secteur, la souscription pourrait atteindre un niveau record et tirer les prix vers le bas. Cette forte demande s'explique par la rareté des guichets : le décret PPE3 limite désormais à 2,9 GW par an les nouveaux volumes soutenus pour l'éolien terrestre et le photovoltaïque. C'est aussi la première session où s'appliquent les nouvelles règles de diversification des composants face à la Chine.
Les développeurs de centrales solaires attendent pour le tout début du mois d'octobre les résultats de la 9e période de l'appel d'offres « PPE2 PV Sol ». Ce dispositif est piloté par la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour le compte de l'État. Selon GreenUnivers, plusieurs acteurs du secteur rapportent que le volume de projets déposés pourrait battre un record, avec des prix proposés orientés à la baisse. Les chiffres officiels de souscription n'ont pas encore été publiés : seule la délibération de la CRE puis la désignation des lauréats par le ministère les confirmeront.
925 MWc à attribuer, dont 200 MWc réservés aux petits projets
D'après le cahier des charges publié par la CRE en mai 2026, cette session porte sur 925 MWc de puissance. Elle concerne les installations photovoltaïques au sol et agrivoltaïques de plus de 500 kWc, y compris celles qui intègrent une part d'autoconsommation individuelle ou collective. Une enveloppe de 200 MWc est réservée aux projets de moins de 5 MWc situés à plus de 500 mètres d'un autre projet candidat. L'objectif est de préserver une place pour les centrales de taille moyenne face aux grands parcs. Les offres ont été déposées entre le 20 et le 30 juillet 2026.
Les dossiers sont notés sur 100 points. Le prix proposé en représente 70, le bilan carbone 16 et la pertinence environnementale du site 9. La gouvernance partagée ou le financement participatif peuvent rapporter jusqu'à 5 points. À note égale, c'est l'offre la moins chère qui l'emporte. Cette pondération explique pourquoi une forte concurrence se traduit directement par une pression sur les prix. Le cahier des charges classe aussi les terrains par ordre de priorité : zones déjà urbanisées, friches industrielles, anciennes carrières, décharges ou aérodromes désaffectés, puis projets agrivoltaïques.
Un guichet devenu rare avec la PPE3
GreenUnivers résume la situation par une « cohue en temps de disette ». Le décret sur la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) a été publié au Journal officiel en février 2026. Il limite à 2,9 GW par an, jusqu'à fin 2028, le rythme d'attribution du soutien public pour l'éolien terrestre et le photovoltaïque. Le 2 avril, le ministre de l'Économie Roland Lescure a présenté le calendrier de relance : une session unique pour le solaire au sol de plus de 500 kWc en juillet 2026, une session de 288 MWc pour les projets de 100 à 500 kWc à la même période, puis un appel d'offres « toutes technologies » visé pour l'automne 2026. Pour les développeurs qui ont des projets autorisés en attente, cette session est donc l'une des rares occasions de l'année d'obtenir un complément de rémunération.
Les sessions précédentes montraient déjà cette tendance. Lors de la 8e période, dont les résultats ont été publiés en septembre 2025, 165 lauréats avaient été retenus pour 971 MWc, au-delà des 925 MWc appelés. C'était le nombre de lauréats le plus élevé à ce jour. Le prix moyen pondéré s'établissait alors à 79,48 €/MWh, quasi stable par rapport aux 79,09 €/MWh de la 7e période. La taille moyenne des projets avait reculé d'environ 30 %, à 5,9 MWc, et les régions du nord de la France avaient remporté 57 % de la puissance. Le photovoltaïque sur bâtiment connaît une dynamique inverse : sa 9e période n'a attiré que 220 MWc pour 400 MWc proposés, à un prix moyen de 98,20 €/MWh.
Première session soumise à la règle de diversification face à la Chine
Cette 9e période introduit aussi une contrainte industrielle nouvelle. Le cahier des charges interdit que l'assemblage des modules ait lieu dans le « pays tiers dominant », c'est-à-dire la Chine. Il exige aussi qu'au moins 4 des 8 composants clés, dont les onduleurs, les cellules et les modules, proviennent d'un autre pays. Le gouvernement a indiqué que des critères de durabilité et de cybersécurité suivraient. La France défend par ailleurs, au niveau européen, une préférence « Made in Europe » dans le cadre de l'Industrial Accelerator Act, avec une généralisation visée d'ici 2027. Les résultats d'octobre permettront donc de voir pour la première fois si ces exigences d'approvisionnement pèsent sur les prix proposés.
Des prix bas dans un appel d'offres saturé signifieraient que le solaire au sol reste la source d'électricité renouvelable la moins coûteuse à soutenir pour la collectivité. En revanche, un grand nombre de projets déposés pour une enveloppe plafonnée implique aussi qu'une part importante des centrales prêtes à être construites restera sans lauréat. Le volume réellement déposé, qui sera révélé par la CRE, indiquera le nombre de projets en attente dans la filière. Ce chiffre alimentera le débat sur le plafond de 2,9 GW par an avant l'appel d'offres « toutes technologies » prévu à l'automne.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.cre.fr/fileadmin/Documents/Appels_d_offres/2026/CDC_PPE2_Sol_P9.pdf
- https://www.pv-magazine.fr/2026/04/02/solaire-nouveaux-volumes-et-nouvelles-regles-pour-les-appels-doffres-en-2026/
- https://www.pv-magazine.fr/2025/09/04/record-lors-de-la-8eme-periode-de-lappel-doffres-solaire-au-sol-971-mwc-selectionnes/