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Hydrogène en mer : la Chine met à l'eau une plateforme flottante sur le modèle des pilotes européens

Le chantier naval CIMC Raffles a présenté mi-octobre, à Jiangmen (Guangdong), une plateforme semi-submersible conçue pour produire de l'hydrogène à partir d'électricité éolienne en mer. Elle embarque des électrolyseurs PEM de classe 1 000 Nm³/h, trois types de stockage à tester en conditions marines et un amarrage déconnectable. Aucune capacité de production commerciale ni investissement n'a été communiqué, et la plateforme n'est pas encore déployée en mer de Chine méridionale. Pour l'Europe, où Lhyfe et Principle Power ont exploré la même voie, c'est un signal : l'industrie chinoise passe du pilote à la fabrication de plateformes dédiées.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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wind turbines on blue sea under blue sky during daytime
ÉnergiePhoto d'illustration : Mary Ray /Unsplash

Le 13 octobre 2026, le constructeur chinois CIMC Raffles a mis à l'eau à Jiangmen, dans la province du Guangdong, une plateforme semi-submersible destinée à convertir de l'électricité éolienne offshore en hydrogène. Selon le groupe, il s'agirait de la première plateforme de ce type au monde. Elle est désignée « Shenhai Hydrogen Energy No. 1 » dans la presse francophone et turque, et « Shenhai Qingneng No. 1 » dans la presse maritime anglophone, deux traductions d'un même nom chinois.

L'idée de produire l'hydrogène directement en mer n'est pas nouvelle. En France, Lhyfe avait testé au large du Croisic un électrolyseur embarqué sur un flotteur, tandis que l'américain Principle Power, spécialiste des fondations flottantes d'éoliennes, a travaillé sur des concepts voisins. La nouveauté est ici industrielle : un chantier naval livre une plateforme complète, conçue dès l'origine pour cet usage, et non un équipement posé sur une structure existante.

Ce que contient la plateforme

D'après les informations communiquées par CIMC Raffles et relayées par Baird Maritime, la plateforme embarque des équipements d'électrolyse PEM (membrane échangeuse de protons) de classe 1 000 Nm³/h, ainsi que trois types de systèmes de stockage d'hydrogène, qui seront soumis à des essais d'adaptation à l'environnement marin. Elle peut fonctionner raccordée au réseau ou en autonomie électrique.

Le point technique central est la tenue des électrolyseurs au mouvement. Un électrolyseur PEM est sensible aux inclinaisons et aux accélérations ; le constructeur affirme avoir mis au point une technologie de suppression des mouvements qui permet de poursuivre la production dans des états de mer complexes. L'amarrage est multipoint, déconnectable et prévu pour des eaux peu profondes, et la structure est dimensionnée pour des conditions de mer à période de retour de 50 ans. Un système de supervision à distance doit permettre une exploitation sans équipage.

Un jalon réglementaire et une mise en service encore à venir

CIMC indique que le projet est le premier de son genre en Chine à avoir reçu à la fois l'inspection de classification de la China Classification Society et l'inspection maritime réglementaire. La mise en service des procédés à terre est achevée et la plateforme se prépare à un déploiement en mer de Chine méridionale.

Plusieurs données restent absentes : la puissance totale des électrolyseurs, le volume d'hydrogène visé, l'éolienne ou le parc qui l'alimentera et le montant de l'investissement n'ont pas été rendus publics dans les sources consultées. La plateforme n'est donc pas encore en production commerciale en mer, et les performances annoncées restent à confirmer en conditions réelles.

Dans le prolongement du pilote de Yantai

Ce projet fait suite à une première plateforme de CIMC Raffles destinée à produire hydrogène, ammoniac et méthanol, développée avec China Energy Investment Corporation à environ cinq kilomètres des côtes de Yantai, dans le Shandong, et entrée en phase de mise en service en mars 2025. L'entreprise enchaîne ainsi les démonstrateurs, ce qui lui permet d'accumuler du retour d'expérience sur la tenue en mer des équipements de procédé.

Pourquoi cela concerne l'Europe

L'Europe dispose de ressources éoliennes offshore considérables en mer du Nord et en Atlantique, et plusieurs acteurs y explorent la production d'hydrogène en mer pour éviter d'avoir à tout acheminer sous forme d'électricité. Les pilotes européens sont restés de taille modeste. Voir un chantier chinois proposer une plateforme certifiée et reproductible indique que la filière pourrait gagner en maturité industrielle plus vite que prévu, et que la compétition portera autant sur la capacité de fabrication en série que sur la technologie.

Reste à savoir si l'hydrogène produit en mer sera compétitif face à une production à terre alimentée par l'électricité acheminée par câble. Les essais en mer de Chine méridionale, sur la durée, la disponibilité et le coût, apporteront les premiers éléments de réponse.

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Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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