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Flottes électriques : les entreprises ont fait le pas, mais pilotent encore à l'aveugle

Selon le premier Baromètre des Flottes publié par Beev, toutes les entreprises interrogées roulent déjà en partie à l'électrique, et la moitié ont un parc majoritairement électrifié. Mais 72 % gèrent encore ces véhicules sans outil dédié, et aucune ne mesure précisément son coût total de détention véhicule par véhicule. La recharge est elle aussi peu encadrée : 74 % ne structurent pas l'accompagnement, que ce soit au bureau ou à domicile. Le prochain chantier de l'électrification des flottes françaises n'est plus l'adoption, mais le pilotage.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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a woman standing next to a blue car
ÉnergiePhoto d'illustration : JUICE /Unsplash

Beev, une entreprise française qui accompagne les flottes vers le 100 % électrique, a publié le 21 septembre 2026 la première édition de son Baromètre des Flottes. L'enquête a été menée en août 2026 auprès de 125 décideurs et gestionnaires de parcs automobiles en France. Tous gèrent des flottes où les véhicules électriques représentent au moins 10 % du parc. Il faut donc lire ce panel comme un groupe d'entreprises déjà engagées dans la transition, et non comme un échantillon représentatif de toutes les flottes françaises. Il faut aussi noter que Beev édite lui-même un logiciel de gestion de flotte. Les enseignements de l'étude restent utiles : ils montrent où en sont les entreprises qui ont déjà franchi le cap.

Une électrification déjà bien avancée

Sur le fond, la bascule est engagée. 100 % des gestionnaires interrogés ont des véhicules électriques dans leur parc. La moitié des flottes étudiées sont majoritairement ou entièrement électrifiées. Parmi les répondants, 34 entreprises dépassent 75 % d'électrification et 28 affichent un parc 100 % électrique. Aucune ne prévoit de revenir en arrière. Sur les deux prochaines années, 27 % comptent accélérer le rythme et 49 % gardent le tempo prévu. Les 24 % restants attendent que la réglementation se clarifie : fiscalité des véhicules de fonction, quotas de verdissement, aides à l'acquisition. Cette instabilité reste un frein réel aux décisions d'investissement.

Les motivations sont d'abord économiques. 31 % des gestionnaires placent la réduction du coût total de détention (TCO) au premier rang. Viennent ensuite l'image de marque (28 %) et les exigences des clients (26 %). Côté obstacles, l'autonomie arrive en tête (49 %), loin devant le coût d'acquisition (26 %). C'est un signe que le prix n'est plus le premier sujet pour les flottes déjà électrifiées. Leur préoccupation porte désormais sur l'usage au quotidien.

Le TCO, priorité affichée mais jamais mesuré

L'étude met en évidence un paradoxe. Réduire le TCO est la première motivation citée, mais aucune des entreprises interrogées ne connaît précisément ce coût véhicule par véhicule. Seules 28 % disposent d'un logiciel de gestion de flotte ou d'un tableau de bord dédié. Les 72 % restants se répartissent en deux groupes : 46 % n'ont aucun outil formalisé, et 26 % ne savent pas qu'une telle solution existe. Pour un véhicule électrique, le calcul du TCO est pourtant plus complexe que pour un thermique. Il faut additionner l'électricité rechargée au bureau, à domicile ou sur le réseau public, l'amortissement des bornes, un entretien plus faible et une valeur de revente encore incertaine. Sans données consolidées, les économies attendues restent une hypothèse.

« Le prochain défi de l'électrification ne sera plus de convaincre les gestionnaires de passer à l'électrique, mais de leur permettre d'en maîtriser pleinement la performance, les coûts et les usages. » — Beev, Baromètre des Flottes 2026

La recharge, angle mort de l'organisation

Les équipements de recharge sont bien présents : 71 % des entreprises ont des bornes sur leurs sites et 46 % en ont installé au domicile de leurs collaborateurs. En revanche, 74 % n'encadrent pas formellement la recharge, que ce soit dans les règles d'usage, le remboursement de l'électricité consommée à domicile ou le suivi des consommations. Cette question dépasse le seul cadre de l'entreprise. Un véhicule de flotte qui roule 30 000 km par an consomme environ 4 500 à 6 000 kWh d'électricité supplémentaires par an. Le moment de la recharge change aussi son empreinte carbone : l'électricité française est nettement moins carbonée la nuit qu'en début de soirée, au moment du pic de consommation.

Le gestionnaire du réseau RTE a alerté en juillet 2026 sur le risque de pics de consommation non anticipés liés à la recharge. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) envisage de rendre obligatoires des dispositifs de flexibilité locale d'ici 2028. Selon les estimations citées par le secteur, le pilotage intelligent de la recharge (« smart charging ») pourrait réduire d'environ 20 % l'empreinte carbone de la recharge et d'environ 30 % les investissements nécessaires sur le réseau. Pour les flottes, qui rassemblent beaucoup de véhicules sous un même gestionnaire, c'est un levier concret. Il suppose toutefois d'avoir d'abord un minimum d'outils de suivi, ce qui manque aujourd'hui à la majorité des entreprises.

Le baromètre décrit une transition qui change de phase. La question n'est plus de savoir si les entreprises vont passer à l'électrique, mais comment elles vont gérer un parc électrifié à grande échelle. Pour les gestionnaires, la priorité est désormais de mesurer : coûts réels par véhicule, consommations par lieu de recharge, taux d'usage des bornes. Ce sont les mêmes données qui permettront de répondre aux futures exigences de flexibilité du réseau électrique.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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