Geely change de cap en Europe : des voitures pensées d'abord pour les conducteurs européens
Propriétaire de Volvo et Polestar, Geely prépare un modèle conçu à Milan et destiné en priorité au marché européen, avec une présentation attendue en 2027. Le groupe reconnaît que l'interface, les alertes d'aide à la conduite et le comportement routier de ses modèles actuels restent trop proches des standards chinois. En parallèle, un partenariat avec Ford prévoit d'assembler deux SUV électrifiés à Valence, en Espagne, dès 2028. Une adaptation qui répond autant aux attentes des conducteurs qu'à la pression des droits de douane européens.
Longtemps, l'arrivée des constructeurs chinois en Europe a suivi une recette simple : exporter des modèles conçus pour le marché domestique, en ajustant quelques détails pour l'homologation. Geely, groupe propriétaire de Volvo et Polestar et actionnaire de Lotus et Smart, prépare un virage. Selon les informations d'Autocar relayées par Automobile Propre, le constructeur développe un modèle pensé d'abord pour les automobilistes européens, avant d'être éventuellement proposé dans d'autres régions.
Ce modèle, dont la présentation est attendue en 2027, a été dessiné au centre de design de Geely à Milan, ouvert début 2023. Son gabarit, sa motorisation et son prix n'ont pas été dévoilés, et le groupe ne misera pas uniquement sur l'électrique. Dennis Weinel, directeur produits de Geely Europe, a indiqué que ce véhicule serait commercialisé en Europe avant les autres marchés, un renversement par rapport à la logique d'exportation habituelle.
Ce qui coince dans les voitures actuelles
Geely ne s'appuie pas sur une enquête chiffrée, mais identifie trois irritants récurrents chez les conducteurs européens. Le premier est le système multimédia : « Son apparence et son fonctionnement sont encore très proches de ce que nous proposons en Chine », reconnaît Dennis Weinel. La prochaine génération de l'interface Flyme doit offrir davantage de personnalisation, un affichage partagé et une meilleure hiérarchisation des informations.
Le deuxième point concerne les aides à la conduite. Certaines alertes sonores, jugées intrusives, font l'objet d'un travail sur leur volume, leur tonalité et leurs conditions de déclenchement. Les ingénieurs doivent toutefois composer avec les obligations réglementaires européennes en matière de sécurité, qui limitent la marge de manœuvre : il s'agit d'alerter moins souvent à tort, pas de supprimer les alertes.
Le troisième est le comportement routier. Les équipes européennes retravaillent les suspensions, la direction et le freinage afin d'obtenir une direction plus directe et un comportement adapté aux routes et aux habitudes locales, car les attentes diffèrent de celles du marché chinois, où le confort et la filtration l'emportent souvent.
Produire sur place : Valence et les droits de douane
L'adaptation produit s'accompagne d'un volet industriel. En juillet 2026, Geely et Ford ont annoncé un partenariat pour fabriquer des véhicules dans l'usine espagnole de Valence. Selon Auto Express, deux SUV électrifiés destinés à l'Europe en sortiront, le premier devant quitter la chaîne en 2028. Les volumes ne sont pas communiqués.
Victor Yang, vice-président exécutif de Geely Holding Group, a fixé un objectif de long terme : assembler localement entre un tiers et la moitié des ventes européennes du groupe. Il a également affirmé que Geely comptait sur « l'expertise et la main-d'œuvre » de Valence. Pour le constructeur, cette implantation permet de contourner les droits de douane européens appliqués aux véhicules électriques fabriqués en Chine, tout en accélérant sa croissance sur le continent. Pour Ford, elle améliore l'utilisation d'une usine européenne.
Le groupe prévoit aussi de regrouper ses centres de R&D de Göteborg et de Francfort au sein d'une entité unique, Geely Technology Europe, qui doit être pleinement opérationnelle d'ici 2027. Ensemble, design à Milan, ingénierie en Allemagne et en Suède, assemblage en Espagne : la chaîne de valeur de Geely en Europe se densifie.
Ce que cela change pour le marché français
Pour les acheteurs français, l'enjeu est double. D'un côté, des modèles mieux calibrés pour les routes et les usages européens pourraient renforcer la concurrence face aux Renault, Stellantis ou Volkswagen sur les segments électriques accessibles. De l'autre, une production locale réduirait l'exposition aux droits de douane et pourrait peser sur les prix. Reste à vérifier, à l'approche de 2027 et 2028, si ces promesses se traduiront par des véhicules réellement convaincants, et à quel tarif.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.
Sources primaires
- https://www.automobile-propre.com/articles/cette-marque-chinoise-a-identifie-ce-qui-agace-les-europeens-et-compte-bien-y-remedier/
- https://www.autoexpress.co.uk/geely/370070/geely-plans-two-new-electric-suvs-built-europe
- https://www.fleetmagazine.com/geely-prepara-un-modello-tutto-europeo-milano-valencia/