Leasing de pompes à chaleur : six offres « tout en un » retenues, 55 000 foyers visés
Le gouvernement a dévoilé le 30 septembre les six lauréats de l'offre intégrée pour les pompes à chaleur, ouverte aux précommandes dès le 1er octobre 2026. Installation, entretien, pilotage, financement du reste à charge et électricité à prix fixe sont réunis dans une seule mensualité, qui ne doit pas dépasser la dépense énergétique d'avant travaux. L'objectif passe de 25 000 à 55 000 pompes à chaleur, financées par les certificats d'économies d'énergie. Reste à vérifier, sur le terrain, l'équilibre économique de ces offres.
Le calendrier annoncé au printemps a été respecté. Le 30 septembre 2026, le ministère chargé de l'énergie a présenté les six lauréats de l'« offre intégrée » pour les pompes à chaleur (PAC), mesure phare du plan d'électrification du gouvernement. L'appel à projets avait été lancé en juillet ; les offres retenues s'ouvrent aux précommandes dès le 1er octobre. Le principe, souvent résumé sous le terme de « leasing PAC », consiste à remplacer une chaudière au gaz, au fioul ou au charbon par une pompe à chaleur air-eau sans que le ménage ait à monter lui-même un dossier d'aides, à chercher un installateur ou à avancer le reste à charge.
Selon le ministère, l'objectif est de « simplifier et accélérer le passage à la pompe à chaleur grâce à une solution clé en main », qui réunit dans une même offre l'installation, la fourniture d'électricité à prix fixe, l'entretien et le pilotage de l'équipement, ainsi que le financement du reste à charge. L'ambition a été revue à la hausse au passage : le dispositif vise désormais 55 000 pompes à chaleur sur deux ans, contre 25 000 initialement annoncées.
Six consortiums, une mensualité plafonnée
Les six offres sélectionnées sont portées par CapConfort, IZI by EDF, Le PAC'TE français, le tandem Octopus Energy et Effy, RÉFLEX et Sonepar. Chacune doit comprendre une PAC air-eau posée par un professionnel, un contrat d'entretien d'au moins trois ans, une optimisation du fonctionnement sur les heures où l'électricité est la moins chère, la gestion des demandes d'aides et le financement du solde. La fourniture d'électricité à prix fixe pendant trois ans fait partie du cahier des charges, mais reste optionnelle pour le ménage.
Le point clé est la règle de mensualité : le paiement mensuel ne doit pas dépasser la dépense énergétique mensuelle du foyer avant travaux, calculée sur une consommation et des températures conventionnelles. Comme le souligne le comparateur Selectra, il s'agit d'une estimation et non d'une garantie sur la facture réelle : un hiver rigoureux ou une consigne de chauffage plus élevée peuvent faire dépasser ce montant. Actu-Environnement rapporte l'objectif affiché par l'exécutif : « Cette offre doit permettre de ne pas augmenter la facture des ménages ».
Un public volontairement restreint
Le dispositif cible les propriétaires occupants de maisons individuelles aux revenus « très modestes » ou « modestes » selon les plafonds Anah 2026. À titre d'exemple, un foyer de trois personnes en Île-de-France est éligible si son revenu fiscal de référence reste sous 51 564 euros. Sont exclus les appartements, les locataires, les ménages aux revenus intermédiaires ou supérieurs, ainsi que les logements déjà chauffés à l'électricité ou au bois. La PAC doit remplacer entièrement l'ancienne chaudière : les installations hybrides ne sont pas éligibles.
Côté financement, l'aide moyenne atteindrait environ 9 800 euros par foyer, pour une enveloppe totale de l'ordre de 540 millions d'euros. Elle ne provient pas du budget de l'État mais des certificats d'économies d'énergie (CEE), c'est-à-dire des obligations d'économies d'énergie imposées aux grands fournisseurs d'énergie. Ce choix permet de lancer rapidement le dispositif, mais fait porter son coût, in fine, sur les factures énergétiques de l'ensemble des consommateurs.
La viabilité des offres, prochaine épreuve
Le lancement ne tranche pas la question centrale soulevée par plusieurs observateurs, dont GreenUnivers : ces offres « tout en un » sont-elles économiquement tenables pour les opérateurs ? Leur modèle repose sur la combinaison d'aides CEE, d'un contrat d'électricité de long terme et de la valorisation de la flexibilité, c'est-à-dire la capacité à décaler le fonctionnement des PAC vers les heures creuses ou les périodes de surplus renouvelable. Si ces briques ne s'équilibrent pas, les consortiums pourraient limiter les volumes ou les zones couvertes.
Pour la filière, l'enjeu dépasse le seul volume d'installations. Le dispositif teste en grandeur réelle un modèle de service énergétique où l'équipement, l'énergie et le pilotage sont vendus ensemble, sur le modèle du leasing social automobile lancé en 2024. Les premiers retours sur le rythme des précommandes et sur les factures réellement constatées lors de l'hiver 2026-2027 diront si cette approche peut devenir un levier durable de sortie des chaudières fossiles en France.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.