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Captage de CO₂ biogénique : le projet SCALA de Nuada décroche 14,6 M€ de l'UE pour la Somme

La Commission européenne a retenu SCALA, projet de Nuada porté sur la centrale biomasse Kogeban d'Idex dans la Somme, pour 14,6 millions d'euros du Fonds pour l'innovation. L'installation doit capter jusqu'à 10 000 tonnes de CO₂ biogénique par an grâce à des matériaux poreux (MOF), sans solvant et en tout électrique. Une partie du CO₂ liquéfié remplacerait du CO₂ fossile dans l'industrie, notamment alimentaire, le reste pouvant être stocké en profondeur. Pour la France, c'est un test grandeur nature d'une alternative aux procédés à base d'amines.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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factories with smoke under cloudy sky
ÉnergiePhoto d'illustration : Patrick Hendry /Unsplash

Le projet SCALA, porté par la société nord-irlandaise Nuada, fait partie des 77 projets sélectionnés par la Commission européenne le 19 octobre 2026 dans le cadre de l'appel IF25 du Fonds pour l'innovation. Il obtient 14,6 millions d'euros pour construire en France une unité industrielle de captage de CO₂ biogénique, adossée à la centrale de cogénération biomasse Kogeban, exploitée par Idex dans la Somme (Hauts-de-France). Au total, l'appel a mobilisé environ 3,4 milliards d'euros pour 77 projets, sélectionnés parmi 358 candidatures.

Un site biomasse dans la Somme

Le choix de Kogeban n'a rien d'anodin. Une centrale biomasse émet du CO₂ d'origine biogénique, c'est-à-dire du carbone récemment absorbé par les végétaux. Le capter et le stocker peut donc produire des émissions négatives, ce qu'un site alimenté en énergie fossile ne permet pas. Idex et Nuada avaient annoncé ce déploiement le 9 juillet 2026, avec le soutien de la préfecture de la Somme, de Nord France Invest, de la communauté de communes de l'Est de la Somme et de la commune de Nesle.

À pleine capacité, l'installation doit produire jusqu'à 10 000 tonnes de CO₂ biogénique liquide par an. Selon Idex, le gaz, une fois purifié et liquéfié, serait fourni à des industriels de la région en remplacement du CO₂ d'origine fossile, en particulier pour des usages alimentaires. Une autre part pourrait être injectée dans des formations géologiques profondes.

Des matériaux poreux plutôt que des solvants

La technologie de Nuada, baptisée AdSpire, repose sur des matériaux poreux de type MOF (réseaux métallo-organiques, famille distinguée par un prix Nobel de chimie) associés à une technique de vide poussé pour séparer le CO₂ des fumées. Le procédé est entièrement électrique et sans solvant chimique. Il vise à réduire l'énergie nécessaire au captage et à faciliter l'intégration sur des sites existants, deux freins majeurs des systèmes classiques à base d'amines, souvent gourmands en chaleur.

SCALA s'appuie sur des résultats de pilotes, dont une campagne de démonstration industrielle menée au Royaume-Uni sur le site Ferrybridge-1 d'Enfinium. Le projet est présenté comme une étape vers le déploiement commercial de la technologie.

Le projet SCALA représente une étape cruciale dans le déploiement commercial de notre technologie AdSpire. — Jose Casaban, co-directeur général de Nuada

Ce que cela change pour la filière française

Le projet a aussi reçu le label STEP (Strategic Technologies for Europe Platform), qui identifie les technologies jugées stratégiques pour la compétitivité industrielle européenne. Le financement provient des revenus du système d'échange de quotas d'émission (ETS) de l'UE, ce qui boucle le circuit : les émetteurs paient pour financer les technologies qui réduisent leurs émissions.

Précisons qu'une sélection ne vaut pas encore versement : les lauréats doivent finaliser leur convention de subvention. Ni Idex ni Nuada n'ont publié de calendrier de construction ou de mise en service, ni le coût total de l'installation. Thomas Le Beux, directeur général d'Idex, souligne l'intérêt local du projet, qui permet de structurer de véritables chaînes de valeur territoriales autour des ressources énergétiques d'un territoire. Le projet pourrait ensuite être étendu à d'autres sites français et européens.

À suivre : la signature de la convention de subvention, les décisions de stockage géologique, et la capacité de l'unité à confirmer à l'échelle industrielle les gains énergétiques promis par les MOF.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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