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Flotte électrique en PME : une agence alsacienne économise jusqu'à 2 000 € par mois de carburant

À Brunstatt-Didenheim, près de Mulhouse, l'agence web S2i Evolution a converti ses véhicules de fonction à l'électrique depuis 2021 et exploite aujourd'hui huit modèles. Son co-gérant estime l'économie de carburant entre 1 500 et 2 000 € par mois, malgré des loyers parfois élevés. Le retour d'expérience éclaire les choix concrets d'une PME : taille de batterie, bornes sur site, financement en location longue durée. Il montre aussi qu'une flotte de petite taille, hors du champ des obligations de verdissement, peut y trouver un intérêt purement économique.

Par Rédaction AtmoGreen Studio
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Two white pickup trucks parked in a lot before a modern glass office building
ÉnergiePhoto d'illustration : Matthew Larsen /Unsplash

S2i Evolution est une agence web et e-commerce installée à Brunstatt-Didenheim, aux portes de Mulhouse, avec une seconde implantation à Strasbourg. L'entreprise emploie environ 26 personnes et intervient dans cinq départements. Son co-gérant et directeur administratif et financier, Luc Eschbach, raconte dans un témoignage publié par Automobile Propre comment la société a progressivement remplacé ses véhicules thermiques par des électriques, à partir de 2021, et ce que ce choix lui rapporte au quotidien.

Huit véhicules, un parcours par essais successifs

La flotte compte aujourd'hui huit voitures électriques, réservées à la direction et aux besoins des services. Elles parcourent chacune environ 20 000 km par an. On y trouve deux Audi Q6 e-tron, quatre Tesla Model Y, une Tesla Model 3 et une Skoda Elroq. Le chemin n'a pas été linéaire : l'entreprise avait d'abord essayé en 2020 une Skoda Superb hybride rechargeable, jugée peu pratique, avant d'adopter une Skoda Enyaq en 2021 comme premier véhicule 100 % électrique, suivie d'une Peugeot e-208.

Les critères de sélection sont pragmatiques. La batterie arrive en tête : le dirigeant fixe un minimum de 60 kWh, idéalement 70 kWh, pour garantir une autonomie confortable sur les trajets professionnels. Les Audi Q6 e-tron embarquent par exemple 100 kWh bruts, soit 94,9 kWh utiles. Le choix se porte aussi sur des SUV spacieux, car les voitures servent également aux déplacements privés le week-end. L'entreprise écarte les marques chinoises et privilégie des modèles produits en Europe.

Une économie de carburant chiffrée entre 1 500 et 2 000 € par mois

Le cœur du témoignage tient en un chiffre : l'économie sur le carburant est estimée entre 1 500 et 2 000 € par mois pour l'ensemble de la flotte, un montant qui grimpe quand les prix à la pompe augmentent. Luc Eschbach résume l'effet en une phrase : « Le banquier vous le rappelle à la fin du mois ». À cela s'ajoute un avantage fiscal : les véhicules électriques de société échappent aux malus et taxes qui pèsent sur les thermiques, et bénéficient d'un plafond d'amortissement plus élevé. Le dirigeant juge « négligeable » la hausse de la taxe sur les véhicules électriques au regard des économies réalisées.

Ces gains ne signifient pas que l'électrique soit toujours moins cher à l'acquisition. Les véhicules sont financés par prêt bancaire ou en location longue durée, avec des contrats négociés directement auprès des concessions locales — sauf chez Tesla. Les intermédiaires nationaux n'ont pas été jugés plus avantageux. L'entreprise a ainsi retenu une Audi Q6 e-tron plutôt qu'une Tesla Model S ou Model X à valeur d'achat équivalente, car son loyer était inférieur, tandis qu'en entrée de gamme Tesla reste plus compétitive, avec une Model Y proposée autour de 500 € par mois. À noter : le témoignage ne fait état d'aucune aide publique perçue par l'entreprise.

Cinq bornes sur site pour recharger la flotte

Côté infrastructure, S2i Evolution dispose de cinq points de charge sur son site : trois bornes de 22 kW et deux de 7,4 kW. Les véhicules n'acceptant au maximum que 11 kW en courant alternatif, les bornes de 22 kW ne sont pas exploitées à pleine puissance, et la recharge complète d'une Audi Q6 sur une borne de 7,4 kW dépasse la dizaine d'heures. L'entreprise a par le passé financé l'installation de bornes au domicile de certains salariés, ce qui facilite la recharge hors des horaires de bureau.

Des salariés d'abord réticents, puis convaincus

L'adhésion interne n'était pas acquise. Selon le dirigeant, la réticence initiale des salariés a rapidement disparu, au point que, dit-il, « personne ne voudrait revenir en arrière ». Le premier véhicule confié à un collaborateur sceptique était une Tesla. En revanche, l'électrification de la flotte n'est pas un argument commercial : les clients de l'agence n'y prêtent pas particulièrement attention.

Ce retour d'expérience reste celui d'une seule entreprise, avec un kilométrage annuel élevé qui amplifie mécaniquement l'économie de carburant. Il se situe par ailleurs hors du champ des obligations de verdissement de la loi d'orientation des mobilités, qui visent les flottes de plus de 100 véhicules : la démarche de S2i Evolution relève donc d'un calcul économique plutôt que d'une contrainte réglementaire. Luc Eschbach évoque même un scénario hypothétique où le litre de gazole atteindrait 3 à 4 €, sans toutefois en chiffrer la probabilité. Pour d'autres PME, le cas illustre surtout les paramètres à examiner avant de basculer : kilométrage, taille de batterie, puissance des bornes, mode de financement et négociation locale des loyers.

A

Rédaction AtmoGreen Studio

Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.

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