Xpeng veut vendre sa technologie de voiture électrique à d'autres constructeurs que Volkswagen
Le constructeur chinois Xpeng cherche à vendre à d'autres constructeurs étrangers ce qu'il a développé en interne : architecture électronique, cockpit connecté, puces d'IA Turing et logiciel de conduite assistée. Il s'appuie sur son partenariat avec Volkswagen, qui a presque doublé ses revenus de services au deuxième trimestre 2026. Pour l'Europe, l'enjeu est de taille : si d'autres groupes suivent l'exemple de Volkswagen, une partie du « cerveau » de leurs futures voitures électriques pourrait être conçue en Chine.
D'après Reuters, qui cite le 17 septembre 2026 deux sources proches du dossier, Xpeng a créé il y a environ six mois une « équipe de commercialisation stratégique ». Son rôle : vendre sous licence ou sous forme de prestations les technologies que le constructeur de Canton a développées lui-même. Plusieurs partenaires potentiels se seraient déjà manifestés : des constructeurs étrangers, des éditeurs de logiciels et des équipementiers. Aucun nom n'a été rendu public à ce stade.
L'offre couvre presque tout ce qui fait l'« intelligence » d'un véhicule électrique récent : l'architecture électrique et électronique (le réseau de calculateurs qui pilote le véhicule), le cockpit numérique, les puces d'intelligence artificielle maison baptisées Turing, et les logiciels d'aide à la conduite et de conduite autonome. Xpeng propose aussi ses travaux sur les robotaxis et les robots humanoïdes, deux domaines où le groupe investit fortement.
Volkswagen, le client qui sert de vitrine
Ce projet s'appuie sur un précédent concret. En juillet 2023, Volkswagen a pris 4,99 % du capital de Xpeng pour environ 700 millions de dollars. Le groupe allemand a ensuite confié au constructeur chinois une partie du développement de ses véhicules électriques destinés au marché chinois : plateformes, architecture logicielle et électronique, cockpit et aide à la conduite. Le premier modèle issu de cette collaboration, le SUV électrique Volkswagen ID.UNYX 08, est entré en production en série en mars 2026 dans une usine en coentreprise de la province de l'Anhui. Il utilise le logiciel de conduite de Xpeng, de type « Vision-Language-Action ».
Ce partenariat pèse désormais dans les comptes de Xpeng. Selon ses résultats du deuxième trimestre 2026, publiés le 24 août, le chiffre d'affaires « services et autres » a atteint 2,70 milliards de yuans (environ 400 millions de dollars), en hausse de 93,9 % sur un an contre 1,39 milliard un an plus tôt. Xpeng attribue cette hausse principalement aux prestations de recherche et développement réalisées pour « un constructeur automobile », après l'atteinte de certaines étapes clés prévues par leur accord. À titre de comparaison, les ventes de véhicules n'ont progressé que de 1 %, à 17,05 milliards de yuans, pour un chiffre d'affaires total de 19,74 milliards de yuans.
Un revenu plus rentable que la vente de voitures
L'intérêt pour Xpeng est surtout financier. En Chine, la guerre des prix entre constructeurs de véhicules électriques met les marges sous pression. Les revenus de licence et d'ingénierie ne demandent ni usine ni stocks, et sont donc nettement plus rentables. Reuters souligne que le partenariat avec Volkswagen a déjà amélioré la rentabilité du groupe. En faire un métier à part entière, en plus de la construction automobile, revient pour Xpeng à se positionner aussi comme fournisseur de technologies.
« Nous croyons au concept de voiture-robot. Ces dernières années, nous avons construit une base d'IA interne à partir de nos travaux sur les voitures intelligentes et les robots humanoïdes, et elle alimente les deux. » — He Xiaopeng, président-directeur général de Xpeng (cité par Just Auto)
Ce que cela peut changer pour l'industrie européenne
Pour les constructeurs européens, la question dépasse le cas Xpeng. Plusieurs groupes chinois ont pris de l'avance sur le logiciel embarqué, l'électronique centralisée et l'aide à la conduite, des domaines où les industriels européens ont accumulé des retards et des coûts de développement élevés. Acheter une brique technologique déjà éprouvée en production peut raccourcir le développement d'un nouveau modèle. En contrepartie, cela crée une dépendance technologique à un moment où l'Union européenne surveille de près la place des acteurs chinois dans la filière électrique et dans les logiciels des véhicules connectés.
Xpeng est par ailleurs déjà implanté industriellement en Europe : l'équipementier Magna assemble plusieurs de ses modèles (G6, G9, P7+) dans son usine de Graz, en Autriche, et le nouveau SUV GL9 doit y devenir le quatrième modèle produit. Le groupe prévoit de lancer ce GL9, en versions 100 % électrique et à prolongateur d'autonomie, sur 64 marchés à partir du Mondial de l'Automobile de Paris, le 12 octobre. Reste à savoir si un constructeur européen suivra Volkswagen, cette fois pour des voitures vendues en Europe et non plus seulement en Chine. Aucun accord de ce type n'a été annoncé pour l'instant.
Rédaction AtmoGreen Studio
Synthèse rédigée à partir des sources primaires citées ci-dessous — communiqués officiels, études et dépôts réglementaires plutôt que la reformulation d'une dépêche.